Après une première mi temps calamiteuse, Rouen a décidé de ne pas sombrer, offrant sa meilleure deuxième mi-temps depuis bien longtemps.

On reste encore pantois, à l’heure où nous écrivons ses lignes, quant au déroulé de ce match. Rouen, mené 19-0 sur son terrain à la pause par une équipe de Narbonne rapide et conquérante, vient de l’emporter 20-19, après quarante minutes de haute valeur, ce genre de scénario qui peut relancer une formation bien moribonde en ce début de mois de janvier.

Après un mois de décembre cohérent, Rouen venait de perdre à Marcq-en-Baroeul, après une première mi-temps déjà difficile. « On ne cesse de rappeler les choses pour lesquelles on doit se battre. On a repris des choses simples en seconde période, tenir le ballon, maîtriser nos émotions. On doit pouvoir faire bien mieux sur 80 minutes. En première on a jamais le ballon, on défend fort mais on ne développe rien », confie Mathieu Bonnot, le capitaine de Rouen.

J.-C. Astle récompensé

Rouen avait une forte émotion ce soir et a eu à cœur de ne pas laisser partir son solide deuxième ligne sud africain J.-C. Astle sur une nouvelle défaite. « Entre Jean Leleu qui fête sa centième la semaine dernière, Willy N’Diaye son centième match ce soir et J.-C. Astle qui jouait son dernier match pro, on ne pouvait pas en prendre trente ce soir. Je remercie aussi le public qui ne nous a pas lâchés et bien poussé à la fin, c’est important pour nous ce stade », conclut le capitaine. Côté Narbonne, Jacques Delmas, le coach, a pris le temps après la rencontre pour venir parler de son sentiment d’ensemble. « Je vais vite évacuer la colère car elle n’est pas bonne conseillère. Je suis abattu, je ne peux pas dire le contraire. Comment peut-on sombrer comme cela ? C’est fou, inexplicable. J’ai prévenu à la mi-temps qu’un autre match allait commencer, mais on n’a pas chassé, on n’a pas été solidaires, on s’est cru arrivés. Rouen nous a mis la pression et a dicté le tempo. On a dû faire du coaching sur deux joueurs un peu malades (Moreau et Bachelier, N.D.L.R.) et le banc n’a rien amené. À la mi-temps, on est premiers du classement, à la fin du match on est cinquièmes. Entre moi et les joueurs quelque chose s’est cassé ce soir, je sais sur qui je peux compter et il n’y en a pas beaucoup », confie-t-il dans une colère froide.

Rouen a surtout eu une attitude très positive en deuxième période, comme si une chape de plomb était partie, avec un jeu de trois-quarts flamboyant, des choses que Romain Sola promettait depuis longtemps. « Je suis passé par toutes les émotions ce soir. Je suis fier par rapport à la réaction de l’équipe. On passe de zéro ballon à jouer en première mi-temps, à de la possession quasi exclusive en seconde. On n’a pas hurlé à la mi-temps, on a décidé de reposer tranquillement le système. On a proposé du jeu ce soir, ça va faire taire quelques détracteurs, on n’a rien gagné ce soir, sauf la certitude d’un savoir-faire, le groupe infuse, il y a une émulation, Jouons au rugby. » confie le coach des trois-quarts.

Un autre joueur éclôt gentiment match après match, Maxime Cassonnet, qui après une première mi-temps terne, a su éclairer le jeu. « Quelle folie, quel scénario. Franchement c’est pour ça qu’on travaille, les gros ont bossé fort, et on a eu des ballons propres derrière. Benito Masilevu et Milo Faudemer se sont comme moi éclatés ce soir. On ne demande que ça. » Prochaine étape à Albi, duel historique entre les deux clubs, qui vit une belle saison cette année, souhaitons que les Normands fassent deux grosses mi-temps cette fois et puissent jouer le coup à fond.