Comme lors des deux précédents exercices, l’UBB s’est inclinée à domicile au lendemain de la fin de la phase de poule de champions Cup.
Ils avaient beau être prévenus du danger, les Bordelais sont tombés dans le piège qui se referment inexorablement sur eux à cette période de l’année. C’est la troisième fois de suite qu’ils chutent à domicile lors de ce match de Top 14, coincé entre la fin de la phase de poule de Champions cup et le début du Tournoi des 6 Nations. Ils ont été, cette-fois, plombés par une touche orpheline et désamparée (huit ballons perdus dont la balle de match) en l’absence de son capitaine Cameron Woki. Ils ont surtout manqué cruellement d’énergie pour relancer la machine après l’exploit réalisé sur la pelouse de Bristol moins d’une semaine plus tôt. Dès l’échauffement, où le staff devait se démener avec le forfait de Martin Page Relo, joueurs et entraîneurs s’alarmaient d’une mise en route bien difficile, comme l’avouait Yannick Bru : « J’ai senti qu’il manquait un peu d’électricité, d’énergie. Nous sommes rentrés tard dimanche dernier, et on a eu une semaine très axée sur la récupération. Peut-être qu’on a manqué un peu d’énergie aujourd’hui. On a affronté une bonne équipe du Stade français, fidèle à ses principes. On perd de cinq points alors qu’on était mené 14-0 trop facilement. C’est dommage, car, comme je l’ai dit aux joueurs, il y a eu des efforts, des joueurs qui ont tout donné. Personne n’a triché. »
Viser un barrage à domicile
Néanmoins, ce deuxième revers à domicile de la saison laisse penser que l’UBB ne pourra voir les demi-finales de Top 14 sans passer par un match de barrage toujours redouté dans une saison à rallonge. « Je pense que la réalité de notre niveau, pour l’instant, c’est de batailler pour un top 6″, analysait le pilier Jefferson Poirot. Il faut revenir à la réalité. Les cartouches pour le top 2, on les a grillées, très concrètement. Donc, déjà, il faut se battre pour le top 6, essayer de s’y qualifier, et on verra ensuite. En tout cas, on va batailler partout, car, que ce soit pour le top 2 ou même le top 12, avec toutes les équipes qui sont compactées, notre place dans le top 6 n’est pas assurée. Il va falloir se recentrer sur l’essentiel : gagner les matchs, sans trop calculer, et se concentrer sur la qualification. »
Si l’Union Bordeaux-Bègles s’est assurée de prendre l’autoroute sur la scène continentale, elle est doit maintenant revoir son objectif en championnat, puisqu’elle compte onze points de moins sur son temps de passage de la saison dernière. » Comptablement, on va se libérer de la pression du top 2″, tentait de relativiser le manager girondin. « Sauf exploit ou accident majeur de nos concurrents, ce ne sera pas possible. On va donc viser un barrage à domicile. Aujourd’hui, avec notre effectif, on ne peut pas chasser deux compétitions à la fois. Les joueurs ne sont pas des machines. Depuis le mois de novembre, ça ne s’arrête jamais. On ne s’en plaint pas, on est heureux d’être sportifs, mais c’est la réalité. »