Il a terminé la saison 2025 de belle manière, avec des premiers résultats significatifs chez les professionnels. Classé 5e d’une étape puis 4e du général du Tour de Hollande en octobre dernier, Rayan Boulahoite se savait capable d’être performant dès sa première saison chez les professionnels. “On a maintenant plein d’outils qui permettent de le déterminer. Mais quand on est néo-pro, on fait beaucoup d’erreurs, il faut apprendre la tactique, le placement et les à-côtés du vélo. Et là ça m’a souri en Hollande”, apprécie-t-il auprès de DirectVelo, à l’occasion du stage de TotalEnergies en ce mois de janvier à Calpe.
« AUTANT DE HAUTS QUE DE BAS »
C’est en prenant la poudre d’escampette qu’il a pu obtenir de tels classements. “Je me suis retrouvé échappé avec des coureurs vraiment costauds. Je me suis accroché jusqu’au bout quand le petit groupe avec (Christophe) Laporte et (Lubos) Kubis est revenu sur nous. Ça s’est fait dans la douleur, mais sans regrets !”. Le lendemain, lors de la dernière étape, il a eu le soutien précieux de ses coéquipiers dont un certain Anthony Turgis, originaire comme lui d’Île-de-France. “C’est une belle histoire de transmission. J’ai beaucoup de respect pour lui à la base, et là ça s’est encore accentué. Quand j’étais petit, je n’aurais jamais imaginé qu’il se sacrifie un jour pour moi”.
Tout n’a pas été rose non plus pour ce premier exercice chez les professionnels. “La saison a été contrastée car j’ai eu autant de hauts que de bas. J’ai eu des problèmes de fer qui m’ont bien embêté après le Tour de l’Ain. La période n’a pas été facile mentalement”. Mais avec le recul, il veut retenir du positif de ce contre-temps. “Ça apprend la résilience. C’était quand même une bonne saison dans l’ensemble”, positive-t-il.
NICE, « UN CHOIX TRÈS RÉFLÉCHI »
Deux jours après le Tour de Hollande, Rayan Boulahoite a déménagé à Nice. “C’est un choix très réfléchi. Ça fait bizarre au début de partir de chez papa et maman mais je suis avec ma compagne. À l’heure où le niveau est très homogène, ce sont des petits gains exceptionnels”. Il en voit déjà les bienfaits. “Avec les bonnes conditions, on ne rate aucune sortie d’entraînement. Ça permet de progresser donc c’est un sacrifice qui sera je pense payant dans le futur”.
Le coureur de bientôt 22 ans annonce aborder 2026 “avec d’autres ambitions” après une saison parmi l’Élite. “Je ne suis plus néo-pro. J’arrive à mieux gérer la pression. J’ai emmagasiné pas mal d’expérience même si j’ai encore tout à apprendre, dit le coureur échappé sur Liège-Bastogne-Liège l’an dernier. Je dois progresser sur ma durabilité sur les courses de plus de cinq heures”. S’il cherche encore son véritable profil, il se dit très intéressé par les Classiques, aussi bien les Flandriennes que les Ardennaises. “Je veux valider des acquis sur ces épreuves. Ce sont deux profils différents mais ça reste des courses de vélo difficiles, et c’est ce que j’aime. Je veux être le mieux possible sur ces courses”.
LE RÊVE DE PARIS-NICE
Rayan Boulahoite, qui débutera sa saison fin janvier à l’AlUla Tour (2.Pro), compte bien garder son état d’esprit offensif. “Il y a des courses où tu n’existes pas si tu ne l’es pas. Les champions se battent entre eux. Je ne m’interdis rien, mais je suis lucide sur mes capacités actuelles”. Autre rôle qui lui plaît, favoriser une arrivée massive pour ses sprinteurs Jason Tesson et Émilien Jeannière. “Ce sont plus que des collègues de travail mais de vrais amis. Ça permet d’aller chercher les 10 watts en plus pour être en tête de peloton”.
Il espère découvrir cette année une course WorldTour d’une semaine, avec une préférence évidemment pour Paris-Nice. “Le départ est juste à côté de chez moi, dans les Yvelines. Au-delà de ça, c’est le type de course qui peut me faire valider un palier dans ce que Jean-René (Bernaudeau) aime bien appeler le carnet de coureur. Paris-Nice, ça serait un rêve et un vrai objectif concret sur le plan sportif. Je travaille d’arrache-pied pour y être”.