À l’occasion du lancement du Tournoi des 6 Nations à Édimbourg, Fabien Galthié est revenu sur les choix de sa liste avant de se projeter sur la reine des compétitions de l’hémisphère nord.

Uini Atonio et Paul Boudehent, les deux derniers forfaits de la liste, ont-ils une chance de revenir au fil de la compétition ?

Ils sont blessés à court terme, au moins jusqu’à mercredi. Après, on verra ce qu’il va se passer pour eux. Il peut y avoir encore des changements. Ce n’est qu’une première liste de quarante-deux joueurs. Elle n’est pas figée.

Y a-t-il un espoir de les voir sur le terrain pour France – Irlande ?

Un espoir, on verra… Nous sommes quoi qu’il en soit habitués à ces rotations-là, nous nous y étions préparés. J’ai d’ailleurs une pensée pour tous les joueurs qui ne seront pas des premiers rendez-vous à Marcoussis.

A-t-il été difficile de vous priver de plusieurs cadres, tels Damian Penaud, Gregory Alldritt ou Gaël Fickou, pour préparer cette première liste de quarante-deux joueurs ?

C’est difficile mais c’est notre travail. La liste que nous avons sortie la semaine dernière, elle est le fruit de trois semaines de travail intense. On prend en compte les joueurs blessés, l’équilibre de l’équipe, l’émulation. Mais cette sélection est une photo à « l’instant T », une équipe pour un match. Au début de mon mandat, j’avais choisi le conservatisme pour créer de l’expérience collective dans l’équipe de France. Après six ans de vie commune, il est temps de trouver une évolution entre ce conservatisme et l’innovation.

On vous suit.

Il y a deux saisons, qui connaissait Louis Bielle-Biarrey ? Peu de monde. Il faut donc donner la chance à nos jeunes joueurs les plus talentueux de porter le maillot. Ils méritent d’être vus et revus. Parce que l’équipe de France a aussi besoin de sang frais.

N’est-ce pas un risque, quelque part ?

Bien sûr. Mais la première chose que sait un joueur du XV de France, c’est qu’il n’est pas installé. Personne ne croit qu’il va être appelé à chaque rassemblement. Pour parler de ma propre expérience, j’ai toujours su que la sélection, c’était à court terme. En clair, on aurait pu rester sur le groupe ayant remporté le Tournoi des 6 Nations 2025 mais nous avons aussi choisi d’innover.

Que pouvez-vous nous dire au sujet de Matthieu Jalibert, qui pourrait conduire le jeu de l’équipe de France contre l’Irlande ?

Il est très bon et a toujours été là, avec nous, depuis 2020. Il y a en effet six ans que je fonctionne avec trois ouvreurs identifiés : Romain Ntamack, Matthieu Jalibert et Thomas Ramos. Les trois ont d’ailleurs joué pendant le dernier Tournoi des 6 Nations.

Est-il compatible avec Antoine Dupont ou alors, le côté purement « éjecteur » de Maxime Lucu lui convient-il mieux ?

Sur un plan offensif, Matthieu (Jalibert) a toujours été très bon avec nous. La compatibilité entre un 9 et un 10, c’est la question qu’on se posera avant chaque match. Elle est fondamentale. Romain (Ntamack) et Antoine (Dupont) s’entraînent tous les jours ensemble. Ce n’est pas le cas d’Antoine et Matthieu mais ils ont déjà joué de nombreuses fois ensemble.

Matthieu Jalibert a-t-il besoin d’être mis en confiance ? Il a parfois été dépassé par Thomas Ramos, qui joue plutôt arrière…

En équipe de France, il faut être prêt pour l’ascenseur émotionnel, de façon agréable ou désagréable. C’est la qualité première d’un joueur qui arrive en sélection.

Avez-vous une idée de la composition d’équipe qui affrontera l’Irlande le 5 février ?

En partie. Maintenant, il y a challenge autour de vingt-huit joueurs. […] Vous savez, ce Tournoi est tellement beau, tellement difficile. Chaque match a sa propre histoire. […] Je suis tellement content d’être là, à Édimbourg, au milieu des plus grands coachs de la compétition. Comme dirait Socrate, « qu’est-ce que tu veux de plus quand tu aimes le rugby ? »