Pendant longtemps, l’industrie européenne a regardé les tentatives chinoises avec un certain dédain. Produits mal finis, réseaux absents, design approximatif… rien ne laissait présager un tel retournement.
Tout a changé avec MG, ressuscité par le géant SAIC. Le MG ZS a ouvert la voie, en proposant une alternative crédible à un Captur ou un 2008, pour 3 000 à 5 000 euros de moins. Les acheteurs, d’abord curieux, sont devenus fidèles. MG a ensuite enchaîné avec la compacte MG4 électrique, puis le break MG5, et bientôt le roadster Cyberster.
BYD, de son côté, a choisi une stratégie plus premium : finition léchée, design statutaire, puissance généreuse. Le Seal U, en version hybride rechargeable, s’est imposé dans plusieurs pays comme une alternative au Kia Sportage ou au Peugeot 3008, avec en prime la fameuse étiquette 0.
Chery, un autre poids lourd chinois, avance ses pions avec Omoda et Jaecoo, deux marques bien distinctes, qui entament leur expansion en France après s’être installées en Espagne. Particularité : une production locale, dans l’ex-usine Nissan de Barcelone.
Et en toile de fond, le géant Geely, qui détient déjà Volvo, Polestar, Lynk & Co, et depuis peu Smart, renforce sa mainmise sur le marché européen.
Le MG ZS, pionnier de l’offensive chinoise en Europe, reste l’un des SUV compacts les plus diffusés. © MG Motor
Des modèles électriques, mais pas seulement
Contrairement à l’idée reçue, toutes les voitures chinoises ne sont pas 100 % électriques. Beaucoup proposent des solutions hybrides rechargeables, voire thermiques traditionnelles, pour abaisser les prix d’appel et contourner certaines limites d’infrastructure.
Mais leur cœur de cible reste l’électrification. Le BYD Dolphin, l’Atto 3, ou encore la MG4 sont aujourd’hui des modèles bien identifiés par le grand public, souvent mieux équipés que leurs rivaux européens à prix équivalent. Autonomie correcte, garantie longue durée, connectivité moderne : les arguments sont là.
Le tout avec un design de plus en plus audacieux, bien loin des clichés d’il y a dix ans. Certains modèles, comme le Chery Omoda 5, n’ont rien à envier à un Renault Arkana sur le plan esthétique ou technologique.
Avec son design statutaire et ses technologies avancées, le Seal U incarne l’ambition haut de gamme de BYD en Europe. © BYD Auto
Une implantation accélérée sur le territoire européen
Le plus marquant dans cette dynamique n’est pas tant le produit, que la vitesse d’implantation. En moins de deux ans, MG a structuré un réseau conséquent en France, avec déjà une cinquantaine de points de vente. BYD accélère également, en signant des accords avec des distributeurs majeurs. Chery, enfin, capitalise sur une base industrielle européenne, un avantage stratégique en cas de durcissement des taxes à l’import.
Et ce n’est qu’un début : plusieurs autres marques chinoises préparent leur arrivée, comme Leapmotor (allié à Stellantis), Nio, ou encore Xpeng, qui visent le haut du marché.
Un phénomène que la Commission européenne observe de près. Une enquête a été ouverte en 2023 sur les aides d’État dont bénéficient ces constructeurs. L’objectif : limiter la distorsion de concurrence, alors que certains modèles sont soupçonnés d’être vendus à perte pour gagner rapidement des parts de marché.
L’habitacle de la MG4 mise sur la modernité et une dotation généreuse, même en entrée de gamme. © MG Motor
811 000 voitures chinoises immatriculées en Europe en 2025
Selon les dernières données, ce sont 811 000 véhicules chinois qui ont été immatriculés en Europe en 2025, sur un total d’environ 13,3 millions de voitures neuves. Cela représente une part de marché de 6,1 %, en forte hausse par rapport aux 3,9 % de 2024.
Parmi les modèles les plus diffusés :
- MG ZS : SUV compact ultra-compétitif, essence et électrique.
- MG4 : compacte 100 % électrique, souvent citée comme la meilleure de sa catégorie en termes de rapport prix/prestations.
- BYD Dolphin Surf : petite électrique urbaine à bas prix.
- BYD Seal U PHEV : SUV familial avec autonomie électrique et recharge rapide.
- Chery Omoda 5 : SUV stylé à tarif agressif.
La France ne fait pas exception. Si MG est déjà solidement implanté, BYD arrive en force en 2026, tout comme Chery avec l’appui d’Emil Frey. L’objectif est clair : viser les 10 % de part de marché d’ici 2027.


