MICHAEL TRAN / AFP
Sur le tapis rouge des Golden Globe, l’acteur Mark Ruffalo semblait alors bien seul à s’indigner des agissements de l’ICE à Minneapolis. Mais la tendance semble s’inverser avec la mort d’Alex Pretti.
EN BREF • Après la mort d’Alex Pretti, deuxième citoyen américain tué en deux semaines par la police de l’immigration à Minneapolis, les stars américaines sortent du silence.
• À Sundance, les badges « ICE OUT » et prises de parole se multiplient, après le silence reproché aux célébrités aux Golden Globes suite à la mort de Renee Good.
• Natalie Portman, Olivia Wilde, Edward Norton, Glenn Close ou encore Walton Goggins ont dénoncé l’ICE et la politique de Donald Trump.
Sur scène ou sur les tapis rouges, il a été reproché au gratin hollywoodien réuni à la mi-janvier pour les Golden Globes d’avoir été trop timide concernant la mort de Renee Good. Exception faite de l’acteur Mark Ruffalo. L’événement avait pourtant eu lieu quelques jours après la mort de Renee Good, tuée le 7 janvier par la police de l’immigration américaine, ICE.
La tendance semble désormais s’inverser avec la mort d’Alex Pretti samedi 24 janvier. C’est le deuxième citoyen américain abattu par la police de l’immigration à Minneapolis en l’espace de deux semaines, cette fois-ci par un agent de la « border patrol ». Des stars moins engagées que Mark Ruffalo n’hésitent donc plus à prendre la parole. Et le festival du film de Sundance, dans l’Utah, est devenu le principal catalyseur de l’indignation collective contre les agissements de l’ICE et plus largement de Donald Trump.
Avec la mort de cet infirmier américain de 37 ans, les stars semblent avoir acté que le port d’un simple badge « ICE OUT » ne suffisait plus. Certains en portaient un lors de leur passage à Sundance, mais il était désormais accompagné de prises de parole tranchée, à l’instar de celle de Natalie Portman, actrice historiquement engagée.
Sundance comme porte-voix
Lors de la projection du film The Invite, l’actrice et réalisatrice américaine Olivia Wilde, qui portait comme Natalie Portman le fameux badge anti-ICE a confié être « horrifiée et révoltée » après ce meurtre « incompréhensible ».
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« C’est scandaleux. Des gens sont assassinés, et je refuse de banaliser cette violence », s’est s’insurgée la cinéaste. « Porter un badge ne change rien, certes, mais au moins cela nous permet de manifester notre soutien », a-t-elle ajouté, après avoir affiché un second badge « Be Good » en hommage à Renee Good lors de son deuxième jour sur place.
« J’ai tellement honte d’être Américaine, en voyant comment notre gouvernement gère » les brutalités de l’ICE, a prolongé l’actrice Zoey Deutch auprès de Variety. Elle portait, elle aussi, les badges « ICE OUT » et « Be Good ».
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Edward Norton est également sorti du silence pour confier son malaise au micro du Hollywood Reporter. « Nous sommes assis ici à parler de films alors qu’une armée illégale est en train d’être constituée contre les citoyens américains », a-t-il dénoncé. « Nous ne pouvons pas faire comme si de rien n’était », a poursuivi la star, pour qui il est difficile de se poser d’autres questions que celle-ci : « Que va-t-on faire face aux fusillades massives perpétrées par la Gestapo contre les citoyens américains ? ».
« Il se passe trop de choses pour que je reste silencieuse »
Contrairement aux jours qui ont suivi la mort de Renee Good, des noms moins identifiés (pour leur engagement politique) se joignent désormais au refrain anti-ICE et anti-Trump. Et c’est bien souvent Instagram qui leur permet de sortir du silence. L’actrice Florence Pugh a ainsi défendu Alex Pretti en story, rappelant qu’il s’agissait du « meurtre » d’un « infirmier en soins intensifs » employé dans un hôpital pour anciens combattants, « pas d’un terroriste ».
« Alex Pretti a été assassiné. Renee Good a été ASSASSINÉE. Il ne s’agit pas de savoir à quel parti politique nous sommes affiliés. Il s’agit de l’humanité, il s’agit de notre pays », a également lancé l’acteur Walton Goggins en story. Même Jamie Lee Curtis, qui avait été critiquée pour ses positions après l’assassinat du militant trumpiste Charlie Kirk a écrit : « Il se passe trop de choses qui doivent être mises en lumière en ce moment pour que je reste silencieuse ».
Capture d’écran Instagram
Jamie Lee Curtis, Walton Goggins ou encore Florence Pugh, difficile pour de nombreuses stars de rester silencieuses après la mort d’Alex Pretti à Minneapolis.
L’actrice Amanda Seyfried, pas franchement connue pour son militantisme, a partagé sa colère en demandant, en lettres capitales : « Putain, mais où se trouve notre Cour Suprême ? ». La chanteuse Olivia Rodrigo a, elle, jugé « les actions de l’ICE inadmissibles ».
Minute de silence marquante en NBA
Le mouvement prend de l’ampleur. Et les moyens de montrer son indignation se décuplent. Réseaux sociaux, interviews, badges… Mais aussi manifestations. À l’image de l’acteur Elijah Wood, aperçu lors d’un rassemblement anti-ICE aux abords du Sundance Film Festival, comme l’a repéré Deadline dimanche.
Ce week-end, il était de plus difficile d’échapper au cri du cœur de l’actrice Glenn Close. Connue pour son engagement politique de longue date, elle a spontanément pris la parole sur ses réseaux sociaux pour dire son « écœurement » au sujet de « ce qu’il se passe sous le régime Trump ».
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« Indignée », elle ajoute que « l’assassinat de sang-froid de citoyens américains » vient s’ajouter à « la cruauté, l’inhumanité et l’arrogance, la corruption vorace, la lâcheté, l’hypocrisie écœurante et la manipulation flagrante des faits » du second mandat de Donald Trump.
Le monde du sport, habituellement en retrait, n’est pas resté silencieux, comme l’a illustré le match de NBA entre les Golden State Warriors de Stephen Curry et les Timberwolves du Minnesota, où joue le Français Rudy Gobert. Ce match disputé dans la nuit de dimanche à lundi a été marqué par une minute de silence particulièrement émouvante en hommage à Alex Pretti.
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« C’était l’un des matches les plus étranges et les plus tristes auxquels j’ai jamais participé. L’atmosphère était pesante. On voyait bien que leur équipe était en difficulté face à tout ce qui se passe et à ce que la ville a traversé », a ainsi résumé le mythique entraîneur Steve Kerr, premier témoin de ce déplacement sportif pas comme les autres à Minneapolis.