Par

Nicolas Stival

Publié le

26 janv. 2026 à 17h08

Les agriculteurs de la région vont faire leur retour à Toulouse, le mardi 27 janvier 2026. Le préfet Pierre-André Durand a évoqué ce lundi matin deux demandes de manifestations distinctes : une de la Coordination rurale (CR) Occitanie, l’autre de l’intersyndicale comprenant notamment la FDSEA, les Jeunes agriculteurs (JA) et la Confédération paysanne. L’appel initial a été lancé par la CR Occitanie. « Les autres syndicats se sont joints à nous, observe son coprésident Eloi Nespoulous. Nous ne sommes pas sectaires : tous ceux qui veulent manifester contre la gestion de la DNC (dermatose nodulaire contagieuse des bovins) sont les bienvenus. » Voici ce qu’il faut savoir avant cette nouvelle journée de mobilisation agricole.

Une manifestation à pied dès 10 heures

Autorisée par la préfecture de la Haute-Garonne, à la différence des mouvements agricoles des 7 et 14 janvier, cette opération diffère également des précédentes par son mode d’action : les manifestants, venus de l’ensemble des départements d’Occitanie, doivent défiler à pied selon un tracé convenu avec les autorités.

« Nous avons accepté cette manifestation de manière pédestre et pacifique », a expliqué lundi matin le préfet lors d’un échange avec Actu Toulouse, « mais si les choses ne sont pas respectées, ou s’il devait y avoir des violences », cela donnerait lieu « à des verbalisations et interpellations ».

Une manif de Jean-Jaurès à la nouvelle cité administrative

Le départ est fixé sur les allées Jean-Jaurès à 10 heures, pour une arrivée prévue place Emile-Blouin, devant la cité administrative désormais installée dans le nouveau quartier Guillaumet, entre Jolimont et Roseraie.

Le cortège doit passer par l’avenue Georges-Pompidou, le boulevard de Marengo, l’avenue Léon-Blum, l’avenue Yves-Brunaud, le rond-point du Capitaine Alfred-Dreyfus et la rue de la Chaumière.

Vidéos : en ce moment sur ActuPas de bloquage du périph

Le but affiché par les organisations agricoles n’est donc pas de bloquer le périphérique ou de « paralyser Toulouse », le mot d’ordre du mouvement du 7 janvier 2026. « L’objectif, c’est de parler au préfet Durand et qu’il écoute nos doléances », expose Eloi Nespoulous. Le coprésident de la CR Occitanie en appelle à « la solidarité des citoyens ».

Secrétaire général de la FDSEA 31, Luc Mesbah ne dit pas autre chose : « Nous ne venons pas à Toulouse pour paralyser la ville, mais pour nous faire entendre. Nous manifestons principalement dans les zones rurales, sans être écoutés. Donc nous venons là où se trouvent toutes les instances. »

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Combien de tracteurs dans la ville ?

Cependant, la manifestation va forcément engendrer des perturbations de circulation. Officiellement, les agriculteurs doivent rejoindre Toulouse dans leurs véhicules personnels. Et le préfet a tenu à prévenir ceux qui voudraient venir avec leurs engins agricoles. « Si des tracteurs circulent demain sur les routes, ils seront en infraction et ils nous donneront argument pour qu’il n’y ait plus de manifestation agricole à Toulouse, où elles seraient interdites à l’avenir. »

« Il n’y a jamais eu de gros débordements d’agriculteurs à Toulouse, observe de son côté Luc Mesbah. Nous sommes des chefs d’entreprise. Ce que nous voulons, c’est vivre de notre métier et apporter une alimentation sûre à tous les Français. »

Une motivation « intacte »

Malgré la lassitude née de la longueur d’un mouvement démarré début décembre 2025, sans oublier le retard dans le travail sur leurs exploitations pris par les agriculteurs mobilisés, Eloi Nespoulous l’assure : « La motivation reste intacte. »

Et ce n’est pas le flou autour du Mercosur qui va calmer les manifestants. Le coprésident de la CR Occitanie évoque « un rideau de fumée ». « La suspension, on n’y croit pas », martèle-t-il.

La DNC toujours au cœur du malaise agricole

Les autres raisons de la colère paysanne restent nombreuses, de la gestion de l’eau aux normes sanitaires. Mais le sujet de la DNC reste la mère des batailles actuelles.

« Ce que nous voulons avant tout, c’est l’arrêt de l’abattage des troupeaux, lance Eloi Nespoulous. En Occitanie, c’est ce qui a fait démarrer le mouvement. »

« L’abattage ne sert à rien pour la DNC en Occitanie en période hivernale, le rejoint Luc Mesbah. C’est une maladie saisonnière, il est inutile d’abattre tout le troupeau. » Un message que les agriculteurs compte bien répéter ce mardi à Toulouse.

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