Sanctionné par le Royaume-Uni pour des soupçons de liens financiers avec les Gardiens de la révolution iranienne, Ali Ansari a constitué, selon le Financial Times, un vaste empire immobilier à travers l’Europe continentale. L’homme d’affaires aurait investi près de 400 millions d’euros sans être à ce stade visé par des sanctions de l’Union européenne.

Ali Ansari, figure centrale de la finance iranienne, se retrouve aujourd’hui sous les projecteurs. Alors que le Royaume-Uni vient de geler ses avoirs pour ses liens présumés avec les Gardiens de la révolution, une enquête du Financial Times révèle l’ampleur de son patrimoine en Europe continentale : près de 400 millions d’euros investis dans l’immobilier de luxe.

L’ascension d’Ansari ne doit rien au hasard. Sa famille a fondée l’Ayandeh Bank, un établissement bancaire né en 2013 qui est rapidement devenu le symbole d’un « capitalisme de connivence » selon Le Monde. La faillite brutale de la banque en octobre 2025, qui a laissé derrière elle des milliards de dollars de dettes, a secoué l’économie iranienne et largement nourri la colère des commerçants iraniens et les manifestations géantes dans le pays. C’est ce passif, doublé d’accusations de financement d’« activités hostiles » liées aux Gardiens de la révolution, qui a poussé Londres à qualifier Ansari de « banquier corrompu » et à bloquer 180 millions d’euros d’actifs sur le sol britannique.

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Mais l’offensive britannique s’arrête aux portes de l’Europe. Car si Londres a sévi, Ali Ansari conserve, à ce jour, les mains libres au sein de l’Union européenne (UE). L’inventaire de ses possessions, dressé par le FT, a de quoi donner le tournis : il détient aux Baléares le Steigenberger Golf & Spa Resort, un établissement de prestige à Majorque valorisé à 22 millions d’euros. 

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Contre-attaque judiciaire

En Allemagne : Deux hôtels Hilton situés à Francfort figurent dans son escarcelle, avec une estimation de 80 millions d’euros chacun. En Autriche, son nom apparaît également derrière le capital du Schlosshotel Kitzbühel, au cœur de l’une des stations les plus huppées des Alpes. À Londres, ses propriétés de Bishops Avenue, le célèbre « quartier des milliardaires », sont désormais sous scellés financiers. Au total, un patrimoine européen qui atteint 400 millions d’euros selon le FT. 

La riposte ne s’est pas fait attendre. Par la voix de son avocat, Roger Gherson, Ali Ansari rejette en bloc les accusations britanniques. Son conseil assure qu’il « nie fermement toute relation financière avec les Gardiens de la révolution » et confirme son intention de contester judiciairement les sanctions.