Deux entités, une même cérémonie. Ce lundi soir, la chambre de commerce et d’industrie et la chambre de métiers et de l’artisanat de Meurthe-et-Moselle avaient convié les acteurs économiques du département à cette traditionnelle cérémonie de vœux. Quelques heures avant le rendez-vous prévu dans les locaux de la CCI Grand Nancy Métropole Meurthe-et-Moselle, François Pélissier a fait le point sur la conjoncture économique et surtout les perspectives pour cette année 2026…
Une cérémonie de vœux, c’est déjà l’occasion de dresser le bilan de l’année écoulée. Quel regard portez-vous sur 2025 ?
« C’est vrai que les chiffres sont difficiles. II n’y a pas de réduction des déficits, de la dette, 50 % de l’emploi national est menacé, il y a eu quasiment 70 000 défaillances d’entreprise, c’est un record historique… Après, il y a un facteur intéressant en termes de dynamique. Alors que l’indice de confiance des chefs d’entreprise est au plus bas, 65 % d’entre eux restent confiants sur les perspectives pour leur entreprise. Mais on n’a que cela dans le sac à dos (sic). »
Qu’attendez-vous pour 2026 ?
« Absolument rien du côté national car c’est une année électorale et les Présidentielles arrivent l’an prochain, ni de l’Europe, car les décisions sont trop longues à prendre. On va rester sous les fourches caudines des Chinois, des Américains, des Russes […]. »
« Notre modèle est trop compliqué »
Comment les entreprises peuvent-elles rester compétitives ?
« Quand on est face à un monde très complexe, il faut revenir à un découpage de petites séquences qu’on peut arriver à maîtriser. Si je regarde les grands axes pour 2026, on est dans une démarche de combat qui repose sur deux grands piliers, une vision et une exécution. »
« Pour la vision, je pense qu’il faut que les chambres consulaires se dirigent vers une chambre des affaires économiques. Chambre de commerce, d’agriculture, industrie… Notre modèle est trop compliqué. Je milite pour qu’on regroupe et qu’on rapproche ces trois entités. Quand un agriculteur fait de la production alimentaire, de la production énergétique biomasse, de la transformation agroalimentaire, du tourisme à la ferme, il est à la fois agriculteur, commerçant et artisan. Il faut également que sur un territoire, on délègue à un acteur et qu’on évite la dilution. Le troisième axe, c’est la simplification car c’est la compétitivité des entreprises et l’attractivité des territoires […] On estime qu’en 75 et 100 milliards d’euros sont accrochés à une simplification de complexité inutile. Ce choc de simplification ne dépend que de nous. Après, c’est dans l’art de l’exécution que tout se joue. Or, on n’est pas assez rapides, efficaces, unis. Mais si on fait cela, on a des chances à portée de mains. Je vais placer l’année sur le thème de la conquête et du combat. »
Un partenariat avec la Meuse et la Haute-Marne
Avec quels temps forts ?
« Le premier, c’est les vingt ans de l’école de la deuxième chance. On va aussi poser la première pierre du campus à l’automne (à Laxou, NDLR). Ce lundi soir, on signe également un rapprochement avec la Meuse et la Haute-Marne pour tout le champ de la formation. Ils prennent 5 % du capital de l’école supérieure consulaire et, avec nos équipes, on va déployer tout notre catalogue produits de formation en Meuse et en Haute-Marne. L’idée, c’est d’avoir un pôle pour configurer une offre de formation vis-à-vis des jeunes, des apprentis, des entreprises… C’est une première étape importante […] On va également monter un temps fort avec le réseau Entreprendre sur tout ce qui est création, innovation et transmission d’entreprises, une nuit du digital, a priori en juin, un temps fort autour du sport… Je ne baisse pas les bras. Dans cette période difficile, il faut au contraire aller de l’avant en étant en mode combat. »