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Rédaction Normandie

Publié le

26 janv. 2026 à 18h24

Les ZFE vont-elles être supprimées ? Ces zones où les véhicules les plus polluants sont interdits ne cessent d’alimenter le débat. Ces 27 et 29 janvier 2026, les parlementaires auront à voter pour ou contre leur suppression, au milieu du vote sur la loi de simplification. Découvrez comment vont se positionner les députés et sénateurs de la Seine-Maritime.

Les ZFE vont-elles être supprimées à Rouen et au Havre ?

À Rouen et au Havre, la question divise, étant directement concernées par ces restrictions de circulation aux véhicules les plus polluants (Crit’Air 4 et 5 pour Rouen et 12 autres communes de l’agglomération, véhicules non classés pour les communes du Havre et Sainte-Adresse, ainsi que des portions d’Octeville-sur-Mer).

Certains élus plaident pour leur suppression au nom de l’égalité sociale : « C’est une imposition extrêmement drastique pour les travailleurs précaires avec une absence totale de maîtrise des prix, et des tarifs qui ont explosé ces cinq dernières années », déplore Alma Dufour, députée LFI de la 4e circonscription.

Vos élus sont-ils pour ou contre ?

D’autres élus alertent sur les conséquences environnementales d’un tel recul. « Toutes les études montrent que la ZFE a permis une amélioration très nette de la qualité de l’air et diminue les pics de pollution », plaide Annie Vidal, députée Horizons. Elle avait toutefois porté un amendement, rejeté, pour simplifier le classement en Crit’Air pour qu’il se base non pas sur l’âge, mais sur l’impact réel du véhicule.

INFOGRAPHIE. En Seine-Maritime, vos élus vont-ils voter pour ou contre la suppression de la ZFE ?

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Ce clivage territorial rend la position des parlementaires d’autant plus délicate. Soutenir la suppression des ZFE reviendrait à suivre une partie de leur électorat lésée par les restrictions. Mais elle pourrait également être perçue comme une régression sur le plan climatique, bien que la pertinence de cette mesure soit controversée depuis sa mise en place le 1er septembre 2022.

Une loi fourre-tout

Au-delà des ZFE, c’est le texte de la loi de simplification en lui-même qui est sujet à débats en raison de la variété de ses thématiques : simplification administrative pour les entreprises, implantation de projets industriels, ou encore sécurisation de projets d’infrastructure… La liste est longue et l’ordre du jour musclé. Dans ce contexte national tendu, les parlementaires de  la Seine-Maritime dévoilent peu à peu leurs positions.

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Le texte sera soumis au vote à l’Assemblée nationale le lundi 27 janvier 2026, avant de passer devant le Sénat le jeudi 29 janvier. Plusieurs élus locaux ont déjà confié leur intention de voter en faveur du texte, comme Jean-Paul Lecoq, député PCF (Parti Communiste Français) de la 8e circonscription. « Les ZFE constituent des zones d’exclusion des automobilistes les plus modestes. Je m’oppose depuis l’origine à cette façon injuste et autoritaire de répondre à une vraie problématique. »

D’autres ont déclaré qu’ils attendront les derniers débats avant de se prononcer définitivement : « Je n’ai pas statué sur mon intention de vote et attendrai notre réunion de groupe prévue mardi [27 janvier 2026] pour prendre une décision réfléchie », confie Marie-Agnès Poussier-Winsback, députée Horizons de la 9e circonscription.

Dans l’ombre, certains misent déjà sur un rejet du texte par le Conseil constitutionnel en raison de son caractère de possible « cavalier législatif » (dispositions contenues dans un projet de loi qui n’a aucun lien avec le projet initial déposé). C’est ce que relève le député socialiste Gérard Leseul : « Je suis contre le projet de loi global. Il y a une dénaturation du texte. Je déplore que ce soit le seul projet de loi du gouvernement pendant cette mandature ».

D’ici là, le flou demeure, avec une certitude : le débat à venir dépassera largement le cadre des ZFE, avec en toile de fond la question de la cohérence législative.

Charline Buchard et Marion Burel

Cet article a été réalisé par des étudiants de l’IEJ Rouen

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