Alors que les Etats-Unis se fracturent après la mort de deux Américains tués par des agents fédéraux de l’immigration à Minneapolis, Salman Rushdie est inquiet. Et il a tenu dimanche à tirer la sonnette d’alarme alors qu’il a lui-même réchappé d’une violente attaque au couteau il y a trois ans.

Interrogé par l’AFP lors du festival du film de Sundance, dans l’Utah, l’écrivain américano-britannique de 78 ans a ainsi estimé que « l’idée du danger et de la violence était désormais proche de tout le monde dans ce pays ». « Je pense que tout le monde est en danger maintenant », a-t-il alerté.

L’écrivain participait à l’avant-première de Knife : The Attempted Murder of Salman Rushdie, un documentaire adapté du Couteau, son récit de l’attaque qui a failli le tuer en août 2022 en pleine conférence littéraire et lui a fait perdre l’usage d’un œil. Son agresseur reprochait à l’auteur des Versets sataniques, qui avait valu à Salman Rushdie une condamnation à mort par l’Iran en 1989, d’avoir « attaqué l’islam ». Il a été condamné l’année dernière à 25 ans de réclusion aux Etats-Unis.

Trump implicitement visé

Pour Salman Rushdie, l’attaque dont il a été victime relève de « quelque chose de plus large ». Dénonçant « une violence déchaînée par des individus sans scrupule qui utilisent des personnes ignorantes pour s’attaquer à […] la culture », il a estimé que « pour ceux qui exercent un pouvoir autoritaire, la culture est l’ennemie ». « Qu’il s’agisse du journalisme, des universités, de la musique ou de l’écriture, les incultes, les ignorants et les radicaux n’aiment pas ça, et ils prennent des mesures contre, ce que nous voyons tous les jours ».

Donald Trump a lancé une offensive contre les grandes universités américaines, considérées comme trop à gauche. Il s’en prend également régulièrement aux médias traditionnels, dont il dénonce les « mensonges ».

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Salman Rushdie a en outre précisé que Knife n’avait pas été conçu comme un commentaire de l’actualité. Mais « je commence à penser que le film arrive peut-être à un moment particulièrement opportun, que nous ressentons peut-être tous aujourd’hui : le risque de la violence », a-t-il conclu.