« Je trouve toujours difficile de comparer les générations, mais c’est flatteur d’entendre cela de la part du coureur que j’admirais quand j’ai commencé… a déclaré Mathieu van der Poel en marge des épreuves du week-end. Maintenant, si on regarde le nombre de classements gagnés ou la durée de domination, Sven Nys reste peut-être le plus grand. »

Comme toujours, Mathieu van der Poel ne cherche pas à attirer l’attention sur le cumul de ses succès. « C’est gentil de votre part, à vous, les journalistes, de les recenser, poursuit vdP dans un sourire. Avec l’âge, je commence à y penser davantage. C’est unique. Quand j’ai commencé, je n’y pensais pas du tout, je ne m’y attendais pas. Personne ne l’imaginait, je pense. La compétition était simplement ma passion. C’est donc merveilleux de la voir prendre une telle ampleur. Là, être à la hauteur du record de victoires au championnat du monde d’Erik De Vlaeminck alors qu’on le pensait inégalable, c’est déjà bien. Le battre serait un grand honneur. »

Que représente pour lui le coureur belge décédé en 2015 ? « Il a une signification particulière, même si ce sont surtout les interviews avec Roger (NdlR : son frère) que j’apprécie le plus. Mais Erik De Vlaeminck n’a-t-il pas lui aussi pris une retraite anticipée du cyclo-cross ? »

Retraite, retrait. Le mot est lâché. Car la grande question n’est pas de savoir qui va être champion du monde, dimanche, sur le parcours de Hulst, aux Pays-Bas. Mais si Mathieu van der Poel va continuer à s’aligner l’hiver dans les labourés, lui qui y a tout gagné ou presque ?

Quand il avait rappelé son amour pour l’épreuve de la Citadelle de Namur après son succès en décembre, nous lui avions demandé s’il se projetait au championnat du monde qui y sera organisé en 2030. Il avait répondu directement : « Oh, je ne sais pas si je ferai encore du cyclo-cross d’ici là »… Depuis, il a confirmé qu’il pourrait ne pas continuer cette discipline. « Mais rien n’est encore décidé. Et ce ne sera sans doute pas décidé à Hulst dimanche. »

guillement

Je suis presque à ce record. Ce huitième titre mondial reste mon objectif.

Avant de prendre sa décision, il lui reste ce record de succès au championnat du monde à décrocher. Avec sa domination de la saison (12 victoires en autant d’épreuves), il est le logique grandissime favori. « Mais je suis déjà arrivé comme favori au départ d’un Mondial sans le gagner. Ce n’est pas aussi simple, sinon ce serait trop facile ! Il peut arriver tant de choses : problèmes mécaniques, mauvaise journée, chaîne qui casse. On verra. J’étais satisfait de mon niveau ce week-end. Je sens que j’ai franchi un palier, je suis meilleur que lors de ma reprise. Et je parviens aussi à rester plus calme, à m’énerver moins rapidement, comme lorsque j’ai eu une crevaison samedi à Maasmechelen. Si je ne gagne pas dimanche, je continuerai le cyclo-cross. Je suis presque à ce record. Ce huitième titre mondial reste mon objectif. Ne vous méprenez pas : j’adore toujours le cyclo-cross. Mais ça doit bien s’arrêter à un moment donné. Et j’ai toujours espéré prendre ma retraite au sommet de ma gloire. »

Dans deux ans, les championnats du monde auront lieu dans son fief, à Hoogerheide. « Ne faire cette saison-là que le Mondial pourrait être une possibilité. Mais on verra plus tard. » Et y arrêter sa carrière en cyclo-cross sur une victoire ?

Coupe du monde de cyclocross: Puck Pieterse enlève la dernière manche à Hoogerheide en l’absence de Lucinda Brand