Euro. Espagne – France : 36-32

Les Bleus peuvent souffler. « Une situation merdique », résumait le sélectionneur Guillaume Gille, alors que la France devait espérer une victoire du Danemark face à l’Allemagne pour garder son destin entre ses mains. Coup de pouce du destin, les Danois ont été sans pitié pour les Allemands (31-26) et rebattent les cartes dans le groupe I. Lors de l’ultime journée, les Français devront impérativement battre l’Allemagne pour empocher le deuxième billet pour les demi-finales, le Danemark étant déjà qualifié.

Des calculs bien difficiles, la faute à un match médiocre contre l’Espagne. Deux jours après avoir construit en une mi-temps leur succès spectaculaire face au Portugal, les Bleus sont apparus méconnaissables, aussi friables défensivement, qu’incapables d’imposer leur rythme en attaque, dans un premier acte qui leur a été fatal, avec six buts de retard à la pause (20-14). Face à une équipe espagnole déjà éliminée de la course aux demi-finales, qui plus est.

« Un peu comme l’an dernier face aux Croates, on perd la bataille tactiquement », a regretté le demi-centre Aymeric Minne, ramenant au souvenir du fiasco en première période de la demi-finale du dernier Mondial.

« Pas normal de jouer comme on l’a fait »

Le piège espagnol était pourtant annoncé. « On est tombés dedans avec les deux pieds et la tête », a pesté Dika Mem, « ce n’est pas normal de jouer comme on l’a fait ».

Ian Barrufet (10/11) a fait la loi devant, quand la défense imposée par les Espagnols a rendu les champions d’Europe en titre presque muets, limités à 14 buts à la pause, quand ces derniers tournaient à 40,2 buts par rencontre jusqu’ici.

« On s’est empêtrés dans leur défense, un mix entre une 1-5 et une 3-3, admettait Gille, mais c’est vraiment le jeu complet qui en première période n’a pas été au niveau attendu. Il n’y a pas un domaine plus qu’un autre. »

Dos au mur, les Bleus ont bien tenté de sonner la révolte, au point même de revenir à un but d’écart, grâce notamment à la très bonne entrée de Rémi Desbonnet (9/25) dans le but. Mais les parades du Montpelliérain ont à peine caché, lundi soir, le gros manque d’efficacité des Français, venus se casser les dents sur Sergey Hernandez et consorts quand ils avaient la possibilité de renverser la vapeur.

Alors que les quelque 10 000 spectateurs danois ont applaudi, ravis, la performance de l’Espagne, les Bleus sont ressortis le visage fermé. Et leur rêve peut-être en train de leur échapper. « On n’a pas saisi la possibilité de relancer la machine, regrette le capitaine Ludovic Fabregas. Cette défaite, on la mérite aussi, on l’a cherchée. » L’équipe de France n’a plus le droit à l’erreur.