La vague de froid polaire continue de s’acharner sur les Etats-Unis. Le bilan des intempéries dans le pays a grimpé lundi à 23 morts. Dans la soirée, des nombreux foyers étaient en outre sans électricité.
Surtout le cauchemar lié à la tempête Fern est loin d’être terminé. Les températures doivent encore chuter dans les prochains jours sous l’action d’une masse d’air arctique, notamment dans des régions du nord du pays, où le ressenti pourrait atteindre -45 °C.
Des températures extrêmes
D’importantes chutes de neige – plus de 30 centimètres dans une vingtaine d’Etats américains – ont entraîné des coupures d’électricité. Selon le site spécialisé poweroutage.us, quelque 600.000 clients étaient toujours sans courant lundi soir, principalement dans le sud des États-Unis, où la glace a fait tomber des lignes électriques. Près de 200.000 personnes sont touchées dans le Tennessee et plus de 147.000 dans le Mississippi.
Dans le nord du pays, dans la région des Grands Lacs, les habitants se sont réveillés avec des températures extrêmes, sous les -20 °C, et jusqu’à -30 dans des secteurs du Minnesota et du Wisconsin, selon le service météorologique national (NWS).
Considérée par certains spécialistes comme l’un des pires épisodes hivernaux de ces dernières décennies aux Etats-Unis, la tempête s’accompagne d’accumulations de glace aux conséquences potentiellement « catastrophiques », selon le NWS.
Ces conditions extrêmes ont entraîné la mort d’au moins 23 personnes, selon un décompte effectué grâce aux médias locaux américains. Au Texas, les autorités ont confirmé le décès d’une adolescente de 16 ans tuée dans un accident de luge. Deux personnes sont mortes d’hypothermie en Louisiane, et une dans l’Iowa lors d’une collision. Huit personnes ont été retrouvées mortes à New York, et une enquête a été lancée pour déterminer les causes des décès.
Etat d’urgence sur une large partie du territoire
L’état d’urgence a été déclaré dans une vingtaine d’Etats ainsi que dans la capitale, Washington, et les moyens de transport ont été fortement perturbés. Plusieurs grands aéroports, à Washington, Philadelphie ou New York, étaient ainsi quasiment à l’arrêt, alors que plus de 21.000 vols ont été annulés depuis samedi et que des milliers d’autres ont été retardés, selon le site FlightAware.
La tempête est liée à une déformation du vortex polaire, une masse d’air circulant habituellement au-dessus du pôle Nord, mais qui s’est étirée vers le sud. Les scientifiques estiment que la fréquence croissante de ces perturbations du vortex pourrait être liée au changement climatique, bien que le débat ne soit pas tranché et que la variabilité naturelle joue également un rôle.
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Climatosceptique assumé, Donald Trump a toutefois pris ce prétexte pour exprimer de nouveau son scepticisme sur sa plateforme Truth Social : « Est-ce que les insurgés environnementaux pourraient m’expliquer s’il vous plaît : qu’est-ce qui est arrivé au réchauffement climatique ? ».