Le constat est sans appel. En 2025, les automobilistes de l’agglomération de Rennes ont perdu en moyenne 80 heures dans les bouchons d’après le dernier baromètre de l’entreprise TomTom. Le plus haut total parmi toutes les métropoles de France figurant dans ce classement, devant Avignon (77 h), Marseille (74 h) et même Paris (70 h).

Une congestion en hausse

Pour établir ce palmarès, le fabricant de GPS s’appuie sur les données de navigation de ses utilisateurs afin de mesurer l’impact des ralentissements sur les temps de parcours quotidiens pour chaque métropole.

Dans la capitale bretonne, la situation s’est dégradée en un an. Toujours d’après les données de TomTom, il fallait en moyenne 20 minutes et 24 secondes pour parcourir 10 kilomètres en 2025, contre 20 minutes et 12 secondes l’année précédente. En ce qui concerne le taux de congestion, il a également augmenté pour atteindre 35,9 %. Avec des pics affolants à certains moments, comme le vendredi soir (85 %).

Méthode de calcul

Pour autant, la capitale bretonne peut-elle être considérée comme la ville la plus embouteillée de France ? Pas vraiment, si l’on considère les données de trafic du centre-ville. Avec un niveau de congestion de 34 %, quasi identique à celui de 2024, l‘intra-rocade s’en sort nettement mieux que des villes comme Bordeaux (44 %) ou Lyon (47 %) en tête du classement. Alors comment expliquer ce paradoxe avec le classement métropolitain ?

« Ça tient surtout à la méthode de calcul, car la zone métropole de Rennes sur laquelle on se base pour ce baromètre reste très concentrée autour de la ville. C’est une vraie spécificité », précise Vincent Martinier, représentant de TomTom en France. « Dans cette zone, on déborde seulement sur les axes qui concentrent la grande majorité des embouteillages. C’est vraiment la rocade et les entrées des pénétrantes qui font la différence ».

Rocade saturée

Contrairement à une ville comme Paris qui affiche un secteur routier métropolitain bien plus étendu concentrant forcément moins d’embouteillages en totalité, Rennes regroupe la majorité de sa circulation sur une zone restreinte ce qui a pour effet de faire plonger ses indicateurs dans le rouge.

Voici où se concentrent les embouteillages chaque soir, entre 18h et 19h, à Rennes.Voici où se concentrent les embouteillages chaque soir, entre 18h et 19h, à Rennes. (TomTom)

Pour autant, la forte congestion du « périphérique rennais » n’en reste pas moins une réalité. « La rocade est systématiquement bouchée en heure de pointe », déplore Céline, une automobiliste qui emprunte l’axe deux fois par jour. « Je ne peux pas faire du télétravail donc je suis obligé de prendre ma voiture au quotidien, mais si je pouvais faire autrement, je le ferai ». Cette saturation de la rocade est confirmée par les relevés de la Diro, qui font état d’une augmentation de la circulation sur cet axe entre 2023 et 2024, tandis que l’usage de la voiture décroît ailleurs.

Un récent rapport de l’agence d’urbanisme Audiar soulignait d‘ailleurs une baisse notable de l’utilisation de la voiture en intra-rocade. Pour la métropole, le principal défi des années à venir résidera en partie dans la capacité à maîtriser le trafic sur la rocade. Des initiatives sont déjà mises en place pour réguler ces flux, comme le développement de voies de covoiturages, l’installation de feux de régulation, ou encore l’aménagement de voies d’entrecroisement.