Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Si Noa Nsonsa Kitala joue plus et mieux cette saison, ce n’est pas la faute à Voltaire, à qui l’on attribue la paternité de cette formule, mais aux nombreux blessés qui garnissent l’infirmerie marseillaise en ce début d’année et surtout à son talent.

« Il a plus de temps de jeu parce qu’il y a des joueurs en moins et il prend ses responsabilités, pose l’entraîneur marseillais, Luc Tardif. Moi, ce que j’aime, c’est ce qu’il fait avec le palet et surtout cette capacité à attaquer les espaces libres, où il utilise bien sa vitesse. Il est bien physiquement, bien dans sa tête. Dans la progression qu’on a vue pour lui, ça se passe exactement comme prévu, et même plus vite que prévu. »

Un avis partagé par ses coéquipiers. « Depuis l’année dernière on sent que c’est un joueur avec un potentiel assez élevé, souligne l’attaquant Paul Joubert. Il reste des petites choses à travailler mais, dans l’ensemble, ça reste l’un des meilleurs joueurs de hockey de cet âge-là avec qui j’ai joué. J’espère pour lui qu’il va avoir une belle carrière mais, pour le moment, il prend la bonne voie. C’est un très bon jeune qui travaille, qui a une attitude assez exemplaire pour son âge et je pense que le fait d’avoir énormément de temps de jeu aussi lui a permis de prendre un peu de confiance depuis le début de saison. Il va pouvoir nous aider énormément dans les années à venir et c’est aussi une bonne chose pour le hockey français. »

« Mon père était déjà fan de l’OM »

Formé à Grenoble, le jeune attaquant de 18 ans a posé ses valises à Marseille la saison dernière pour y terminer sa formation.

Et, cette saison, il a pris une tout autre dimension. « Quand j’ai eu l’opportunité de venir à Marseille, je savais au fond de mon cœur que je faisais le bon choix. Grenoble est une grande place du hockey français, qui forme beaucoup de jeunes et c’est compliqué d’y jouer aussi jeune en pro. Je savais qu’à Marseille j’allais avoir plus de temps de jeu. Et je n’ai vraiment pas été déçu. Je sais que je n’aurais pas eu ça à Grenoble. Même si Marseille est encore jeune en Ligue Magnus, j’ai été surpris par l’engouement des fans. Aujourd’hui je me sens bien ici, je suis comme chez moi. J’ai même pu emmener mon père à des matches de l‘OM, dont il était déjà fan avant que je ne joue avec les Spartiates. »

Ce mardi soir (20h30), face aux Dragons de Rouen qui restent sur deux revers consécutifs, Noa Nsonsa Kitala s’attend à un rude combat. « Face à eux, il y a toujours beaucoup d’intensité. On a des points à aller chercher, on va donner le meilleur de nous-mêmes. »

Comme un poisson dans l’eau à Marseille, il est entré, à la faveur de bons championnats du monde U20, dans les radars de la NHL, la ligue la plus importante du monde. Pas de quoi l’émouvoir outre mesure. « L’an dernier, j’ai vu que j’étais sur une liste éligible à la draft. J’étais surpris d’autant que c’est un honneur que peu de Français ont eu. C’est encore un peu tôt de parler d’avenir, la saison est encore longue. Je me sens bien ici, on verra ce qui se passera ensuite. » Bien que précoce, Noa Nsonsa Kitala ne veut pas brûler les étapes.

Marseille – Rouen, ce mardi à 20h30, au Palais Omnisports Marseille Grand Est.