Après 50 ans, symptômes
précoces du cancer de l’ovaire : ce qu’il faut vraiment savoir
Le cancer de l’ovaire reste l’un
des cancers gynécologiques les plus difficiles à diagnostiquer
précocement. En France, il concerne plusieurs milliers de femmes
chaque année et survient majoritairement après la ménopause. L’âge
médian au diagnostic se situe autour de 70 ans, et la survie à cinq
ans reste inférieure à celle d’autres cancers féminins, en grande
partie à cause de diagnostics souvent tardifs.
La difficulté tient au fait que
les premiers symptômes sont peu spécifiques. Ils ressemblent à des troubles
digestifs, urinaires ou musculo-squelettiques fréquents après 50
ans. L’enjeu n’est donc pas de transformer chaque gêne en alerte,
mais de savoir quand un symptôme banal cesse de l’être.
Douleurs pelviennes et
lombaires : quand faut-il s’interroger ?
Après 50 ans, une douleur du
bas-ventre ou du bas du dos peut avoir de nombreuses causes
bénignes. Cependant, les médecins recommandent une vigilance
particulière lorsque ces douleurs sont nouvelles, inhabituelles et
persistantes.
Dans le cancer de l’ovaire,
les symptômes peuvent être liés à une augmentation de volume dans
le pelvis, qui peut exercer une pression sur les organes voisins.
Cela peut se traduire par :
-
une sensation de pesanteur
pelvienne, -
des douleurs pelviennes ou
lombaires diffuses, -
des ballonnements abdominaux
persistants, -
une sensation de satiété
rapide, -
des envies plus fréquentes
d’uriner.
Ces signes ne sont pas
spécifiques du cancer et peuvent avoir de nombreuses autres
explications. Ce qui alerte les professionnels de santé, ce n’est
pas leur existence isolée, mais leur fréquence et leur persistance, notamment
lorsqu’ils surviennent plus d’une dizaine de jours par mois et
s’installent sur plusieurs semaines.
Ce que montrent les études
cliniques
Plusieurs études ont comparé
la fréquence de certains symptômes chez des femmes atteintes d’un
cancer de l’ovaire et chez des femmes sans pathologie cancéreuse.
Elles montrent que des symptômes comme les ballonnements
persistants, les douleurs abdominales ou pelviennes et les troubles
urinaires sont plus
fréquents et plus répétés chez les femmes diagnostiquées
d’un cancer de l’ovaire.
Ces symptômes peuvent
apparaître plusieurs mois
avant le diagnostic, ce qui explique l’intérêt de ne pas
les banaliser lorsqu’ils deviennent inhabituels après 50 ans. Il
est également établi qu’il n’existe pas de dépistage de masse efficace pour le
cancer de l’ovaire dans la population générale. La stratégie repose
donc sur l’évaluation clinique de symptômes persistants.
Il est essentiel de rappeler
que ces manifestations peuvent aussi être liées à des causes
beaucoup plus fréquentes et non cancéreuses. Leur présence ne
signifie pas qu’un cancer est en cause, mais qu’une évaluation
médicale est justifiée.
Quand
consulter et comment préparer la consultation
Il est recommandé de consulter
si des symptômes digestifs, pelviens ou urinaires :
-
sont récents et différents de
ce que vous connaissiez auparavant, -
persistent ou s’aggravent sur
plusieurs semaines, -
reviennent fréquemment au
cours du mois, -
ou s’accompagnent d’autres
signes comme une fatigue inhabituelle, une perte de poids
involontaire ou des douleurs inexpliquées.
Avant la consultation, noter
la durée, la fréquence et la nature des symptômes peut aider le
médecin à orienter l’évaluation. L’examen clinique est une première
étape essentielle. Selon le contexte, le médecin peut proposer des
examens complémentaires, comme une échographie pelvienne, et
éventuellement des analyses biologiques. Le marqueur CA-125 peut
être utilisé dans certaines situations, mais il ne permet pas à lui
seul de poser ou d’exclure un diagnostic.
Après 50 ans, écouter son corps sans céder à
l’inquiétude excessive est un équilibre délicat. La bonne démarche
consiste à ne pas ignorer des symptômes persistants, tout en
s’appuyant sur un avis médical pour faire la part des choses. Dans
la majorité des cas, cette démarche permet avant tout de
se rassurer, et
dans de rares situations, d’agir plus tôt.