Avec la victoire des écologistes en 2020, la ville d’Alain Juppé avait basculé à gauche pour la première fois depuis 1947. En 2026, la droite et le centre se sont alliés dès le premier tour pour tenter de reconquérir Bordeaux (Gironde), dans un scrutin où le maire sortant Pierre Hurmic est soutenu par tous les partis de gauche, à l’exception de La France insoumise.

Le Parisien fait le point sur les onze candidatures déclarées à ce stade.

Thomas Cazenave (Renaissance)

Il est sans doute le meilleur espoir du camp présidentiel pour remporter une ville de plus de 100 000 habitants. Le député Renaissance Thomas Cazenave est soutenu par Les Républicains, Horizons et l’UDI pour tenter de battre Pierre Hurmic. Élu à l’Assemblée nationale depuis 2022, le haut fonctionnaire a été notamment ministre chargé des Comptes publics en 2023 et 2024, dans les gouvernements d’Élisabeth Borne et de Gabriel Attal.

Pierre Hurmic (Les Écologistes)

Estimant que « le choix du changement qui avait été fait il y a six ans a été honoré », Pierre Hurmic s’est officiellement lancé début janvier pour briguer un nouveau mandat de maire. Arbre de Noël en verre, polémiques et embouteillages ont émaillé le mandat du maire de la troisième ville la plus attractive de France. En mars, il sera soutenu par le PS et le PCF.

Philippe Poutou (NPA L’Anticapitaliste)

Devenu libraire, l’ancien candidat malheureux à l’élection présidentielle avait mené une liste avec La France insoumise en 2020, permettant à la gauche radicale de faire son entrée au conseil municipal. Cette fois, c’est sans le mouvement de Jean-Luc Mélenchon que Philippe Poutou se présente devant les électeurs, expliquant être en « désaccord de fond » avec LFI.

Nordine Raymond (La France insoumise)

LFI, présentera une liste conduite par Nordine Raymond, un cuisinier de 34 ans qui était déjà présent en 9e position sur celle conduite en 2020 par Philippe Poutou. Il espère arriver en tête à gauche au soir du premier tour pour faire de Bordeaux une ville « abordable, où les gens peuvent se loger, se nourrir, avoir des loisirs ». Le candidat insoumis a été la cible, fin 2025, d’un déchaînement de haine raciste.

Julie Rechagneux (Rassemblement national)

Du côté de l’extrême droite, le RN a progressé ces dernières années dans la ville, obtenant 12,79 % des voix lors des européennes en 2024. Le parti a investi l’eurodéputée de 29 ans Julie Rechagneux, qui a adhéré dès ses 17 ans au Front national, en 2013. Elle a été épinglée début janvier pour son adhésion à un groupe Facebook dans lequel étaient échangés des posts antisémites et racistes. En septembre 2025, elle jugeait que Charlie Kirk était une « inspiration ».

Virginie Bontjoux Tournay (Reconquête)

La déléguée départementale du parti d’Éric Zemmour et la référente de l’association Parents Vigilants en Nouvelle-Aquitaine a annoncé dès l’été dernier sa candidature. À 49 ans, cette mère de trois enfants affirme être chef d’entreprise et habiter Bordeaux depuis 20 ans. Elle assure présenter « la seule liste affirmée de droite » qui a pour objectif de « restaurer l’ordre, le bon sens et le dynamisme dans notre ville ».

Petra Bernus (Révolution Permanente)

À l’extrême gauche, en plus de la liste de Philippe Poutou, Petra Bernus mènera une candidature pour Révolution Permanente, un parti fondé en 2022 et représenté au niveau national notamment par le cheminot Anasse Kazib. Âgée de 25 ans, Petra Bernus est étudiante infirmière, qui anime le collectif féministe Du Pain et des Roses. « Nous ne sommes pas des politiciens professionnels », assure celle qui veut « arracher Bordeaux aux riches et aux spéculateurs ».

Fanny Quandalle (Lutte Ouvrière)

Elle était la seule femme candidate tête de liste à Bordeaux en 2014 et en 2020. Cette année, Fanny Quandalle est de nouveau dans la course à la mairie pour Lutte Ouvrière. Employée de La Poste, cette femme de 53 ans a aussi tenté sa chance lors des élections législatives dans la 1re circonscription de Gironde en 2017, 2022 et 2024 pour le parti d’extrême gauche, sans jamais obtenir plus de 0,7 % des voix.

Esteban Nadal (NPA Révolutionnaires)

Quatrième liste d’extrême gauche, celle conduite par Esteban Nadal pour NPA Révolutionnaires, un parti issu d’une scission du Nouveau parti anticapitaliste, représenté en 2012, 2017 et 2022 par Philippe Poutou à la présidentielle. Étudiant, il présente une liste « Bordeaux ouvrière et révolutionnaire » aux côtés de Nora Zakri, interne dans la Santé.

Philippe Dessertine (Divers)

Sans soutien d’un parti politique, l’économiste Philippe Desseritine a décidé de se lancer dans la course à la mairie de Bordeaux. Habitué des plateaux de télévision, cet ancien membre du Haut Conseil des finances publiques est l’auteur de plusieurs livres depuis 2008. L’universitaire de 61 ans définit sa candidature comme une émanation de la « société civile » et assure avoir construit un projet « sur le bon sens, le pragmatisme et l’humanisme ». Au centre droit, il pourrait concurrencer Thomas Cazenave.

Yves Simone (Divers)

Comme en 2014 et 2020, ce guide touristique présentera une candidature à Bordeaux. Il y a six ans, Yves Simone avait recueilli 527 voix, soit 0,95 % des suffrages. Il entend malgré tout peser dans le débat public en proposant des idées sur le tourisme et le patrimoine. « Ma candidature est la meilleure façon d’être en accord avec moi-même et de faire avancer mes idées », écrit-il dans sa profession de foi, avant d’ajouter « J’ai le plus beau des vélos de Bordeaux 😉 ».