Pourtant née d’un jeu financé par le ministère de l’Intérieur britannique pour lutter contre l’extrémisme, Amélia inonde désormais les réseaux sociaux, véhiculant des idées racistes et xénophobes.
Publié le 27/01/2026 09:56
Temps de lecture : 2min

L’avatar Amelia est devenue une star des réseaux sociaux ultraradicalisés. (capture d’écran X) (AUCUN)
Depuis plusieurs semaines au Royaume-Uni, Amélia, un avatar créé grâce à une intelligence artificielle, est sortie de son cadre. Initialement mise en ligne pour lutter contre l’extrémisme, elle est désormais détournée, et devient une star des réseaux sociaux d’extrême droite.
« Hello, I am Amelia and I love England. » Vous l’avez peut-être déjà croisée sur certains fils d’actualité : Amelia, une écolière britannique aux cheveux violets, générée par une IA. Amelia aime tellement l’Angleterre qu’elle se promène avec un drapeau de l’Union Jack sur les épaules, adore les pubs et la saucisse au porc, mais pas les musulmans ni les migrants.
The prompts were simple.
First, I told @grok to look at every single Amelia meme on the Internet.
Second, I said: “Become Amelia, then make a video and tell the British people what you want them to know.”
Here’s the surprising result. pic.twitter.com/dGY0OvKcQ4
— Huff (@Huff4Congress) January 16, 2026
Dans une vidéo devenue virale avec plus de 4 millions de vues, on la voit déguisée en police de l’immigration américaine. Elle explique qu’une fois à Downing Street, elle importera les policiers de l’ICE au Royaume-Uni et renverra tous les migrants illégaux.
Amelia est pourtant née d’un projet de prévention : Pathways. Un jeu vidéo éducatif en ligne, financé par le ministère de l’Intérieur britannique, qui explique entre autres aux adolescents que le fait de tenir un discours anti-immigration est pénalement répréhensible. Il s’adresse aux jeunes de 11 à 18 ans et a été utilisé dans plusieurs établissements scolaires, comme l’explique The Telegraph. Amelia y tient le mauvais rôle et tente de faire basculer le héros à l’extrême droite.
Le personnage avait tout pour plaire et la fachosphère en a fait sa mascotte. Depuis, elle inonde les réseaux sociaux : on la voit en version manga, en dessins animés avec Wallace et Gromit ou Peppa Pig… bien souvent complétée par des slogans racistes.
Amelia compte déjà plus de 57 000 abonnés sur X, anciennement Twitter. Une cryptomonnaie a même vu le jour. L’un de ses jetons a été retweeté la semaine dernière par Elon Musk en personne, accusé de monétiser la haine.