L’incendie tragique du bar Le Constellation à Crans-Montana soulève des questions cruciales. Des vidéos montrent des employés manipulant des plaques de mousse peu avant le drame. Jacques Moretti, le propriétaire, est interrogé sur l’origine de ces matériaux inflammables.

Des images qui jettent encore un peu plus le doute. Ce lundi soir, nos confrères de France Télévisions ont diffusé une séquence édifiante dans leur journal télévisé de 20 heures. Des images qui dateraient du 14 décembre dernier, soit seulement 15 jours avant le drame de Crans-Montana qui a fait 40 morts dans l’incendie du bar Le Constellation. Des vidéos qui montrent des employés du Constellation manipuler des plaques de mousse au plafond. France Télévisions raconte que des plaques de mousse se décollent. Gaëtan, un jeune employé du bar, tente de les recoller avec des queues de billard et des serviettes en papier.

\ud83c\udde8\ud83c\udded Révélations sur le plafond de mousse à Crans Montana : vidéos exclusives et accablantes où on entend la voix du propriétaire Jacques Moretti évoquer avec un de ses salariés les réparations à faire 2 semaines avant l’incendie. #JT20h pic.twitter.com/dCK2bFE7cK

— Le20h-France Télévisions (@le20hfrancetele) January 26, 2026

Il envoie alors cette fameuse vidéo à son patron, Jacques Moretti qui lui répond : « Ouais, ça a l’air pas mal, enlève les autres s’il te plaît ».

Dans une deuxième vidéo, Gaëtan ne semble pas satisfait du résultat. Jacques Moretti lui renvoie : « Tu vois si ça tombe parce que j’ai mis une mousse, mais une mousse que je ne connais pas. Dis-moi si c’est bon, dis-moi si elle tombe ou pas. Si elle tombe, il va falloir la laisser malheureusement ».

« Un problème qui devenait complètement accessoire »

Selon l’avocat de Gaëtan – par ailleurs toujours hospitalisé – et de sa famille, Me Jean-Claude Guidicelli : « Ce problème-là, qui est un problème cardinal, crucial et mortel, on s’en est rendu compte, aux yeux des exploitants ça devenait complètement accessoire. Humainement, c’est inadmissible ».

Lors de son audition la semaine dernière, Jacques Moretti a été longuement interrogé sur les mousses antiphoniques installées dans le bar, identifiées par l’enquête comme étant à l’origine du départ de feu. Il a expliqué les avoir achetées dans un magasin spécialisé de la région, sur les conseils d’un vendeur. « À l’époque, j’étais allé chez Hornbach et j’ai expliqué que j’avais besoin d’une mousse acoustique pour un établissement public. Ils m’ont conseillé de prendre ce modèle-là », a-t-il déclaré. « Je n’ai pas vu de contre-indication. Je n’ai pas eu d’information particulière à ce sujet à partir du moment où ils m’ont conseillé cette mousse. » Fait notable, Jacques Moretti raconte également avoir effectué lui-même des essais sur ces matériaux. « Il me restait un petit bout de mousse. J’avais vu que la mousse brûlait quand même. J’ai pris un chalumeau pour voir l’effet sur la mousse. Ça a tout percé. Le seul truc qui m’a dérangé, c’est vraiment la fumée qui m’a indisposé sinon rien ne m’a choqué. Il y avait vraiment beaucoup de fumée pour pas grand-chose. »