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Bloqués par un arrêté préfectoral interdisant les axes structurants, les éleveurs de la Coordination Rurale 81 n’ont pu atteindre la préfecture de Toulouse ce mardi 27 janvier pour remettre leur plan de sortie de crise. Ils ont fait entendre leur colère.

La tension est montée d’un cran ce mardi matin sur les routes de la Haute-Garonne. Partis à l’aube pour porter leurs revendications face à l’épidémie de dermatose nodulaire qui frappe les cheptels, les membres de la Coordination Rurale du Tarn (CR 81) ont vu leur progression stoppée net à Castelmaurou.

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« Nos tracteurs ont été interceptés alors qu’ils se dirigeaient vers Toulouse. Encore une fois, on empêche les agriculteurs de manifester et de faire entendre leur voix. C’est une honte ! », s’indigne le syndicat sur ses réseaux sociaux ce mardi matin. Pour ces agriculteurs, ce blocage est perçu comme une opération visant à les faire « taire, pendant que la profession continue de crever en silence ».

« On veut manifester, sans dégrader »

En cause, un arrêté préfectoral restrictif empêchant la circulation des engins agricoles sur les axes majeurs de Midi-Pyrénées. Si ce dispositif de sécurité visait officiellement à éviter la paralysie de Toulouse, il a provoqué l’exaspération de Roger Menchon, président de la CR 81. Interrogé par Sud Radio, il dénonce une situation extrême : « On veut manifester tranquillement, sans rien dégrader et amener nos doléances. L’agriculture est en train de crever. On ne nous laisse pas manifester tranquillement dans ce pays. C’est une dictature. »

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Pour le leader syndical, l’impossibilité d’accéder au centre-ville empêche la remise d’une « base de travail » cruciale au préfet de région. Entre les pertes de bétail et l’incertitude sur les indemnisations, le sentiment d’abandon est total. Immobilisés mais déterminés, les manifestants préviennent qu’ils ne « lâcheront rien ».