Par
Rédaction Rennes
Publié le
27 janv. 2026 à 10h43
Il avait été mis en examen pour « homicide involontaire aggravé » sur son propre fils. Jérémy, père du petit Sacha, tué dans un accident de la route à Acigné, près de Rennes, en avril 2024, refusait d’être lui aussi coupable de la mort de son enfant. En avril 2024, un chauffard ivre et sous stupéfiants avait en effet violemment percuté leur voiture. Mais la Justice avait estimé que Jérémy avait effectué un « refus de priorité » sur la route. Mardi 6 janvier 2026, la cour d’appel de Rennes s’est penchée sur la demande de relaxe du père de famille.
2 g d’alcool par litre de sang
Pour rappel, le 5 avril 2024, Jérémy, le papa, son fils Sacha ainsi que la « mamie de cœur » de l’enfant, rentraient du restaurant après avoir assisté ensemble à son spectacle d’école. Le véhicule d’Anthony – qui avait 2 g d’alcool par litre de sang – les avait alors violemment percutés alors que le père de famille entreprenait de « tourner à gauche » pour se rendre en direction de la zone industrielle d’Acigné.
Le père de l’enfant a toujours soutenu « ne pas avoir vu de phares » arriver : il n’aurait pris « aucun risque » s’il les avait vus compte tenu de la « présence » de son fils dans la voiture.
Une information judiciaire avait été ouverte dans cette affaire et le chauffard avait immédiatement été mis en examen pour « homicide involontaire aggravé ».
Un « refus de priorité » pointé par le rapport d’accidentologie
Mais, en février 2025, coup de théâtre : Jérémy, jusqu’alors constitué partie civile pour faire valoir son statut de victime, avait à son tour été mis en examen pour « homicide involontaire » !
Le rapport d’accidentologie avait en fait conclu à un « refus de priorité » du père de Sacha. Mais il avait affirmé que le choc ne se serait pas produit si le chauffard avait circulé « à 70 km/h » et non pas à 110 km/h… et ce, « sans compter les effets de la drogue et de l’alcool » qui coulaient dans le sang d’Anthony. Les tests faits sur le père de l’enfant s’étaient eux avérés négatifs.
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Une relaxe demandée à la Justice
Sur la base de ce rapport d’expertise, le 4 avril 2025, le juge d’instruction avait donc décidé de renvoyer les deux hommes sur le même banc des prévenus.
Si le chauffard avait été condamné à sept ans de prison, le père de l’enfant avait lui aussi été reconnu coupable d’un « homicide involontaire » sur son propre fils, en dépit de réquisitions de « relaxe » du parquet… Le tribunal l’avait juste « dispensé de peine » et avait « exclu cette condamnation du bulletin n°2 de son casier judiciaire », alors qu’il sollicitait sa relaxe pure et simple.
La famille du petit Sacha n’avait alors pas eu le sentiment d’être « entendue », selon son avocat Me Henry Ermeneux. Les deux hommes avaient fait appel de cette décision, mais le chauffard Anthony s’est finalement désisté entre-temps.
« Sacha n’aurait pas pu espérer meilleur papa que vous »
Jérémy, lui, en avait fait « une question de principe » : le 25 novembre 2025, il était venu devant la cour d’appel de Rennes « pour que la Justice lui dise qu’il n’est en rien responsable de la mort de son fils », avait plaidé Me Pauline Kerloegan, son avocate, qui a tissé depuis cette affaire « un lien inexplicable » avec ce client. « Sacha n’aurait pas pu espérer meilleur papa que vous », lui avait-elle d’ailleurs lancé, très émue, à la fin de sa plaidoirie.
L’avocat général était d’ailleurs allé dans son sens, comprenant qu’il s’agissait d’une « question de principe » : il avait sollicité la relaxe de celui qui devait désormais « s’entendre dire qu’il n’a pas tué son enfant ».
La cour d’appel de Rennes s’est rangée à leurs avis.
CB et GF (PressPepper)
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