À peine la création de la coentreprise TikTok USDS officialisée, avec la participation remarquée de Xavier Niel, la plateforme a modifié sa politique de confidentialité pour ses utilisateurs américains.

Un changement rapide, intervenu le jour même de l’annonce, qui relance les débats autour de la collecte de données par le réseau social…

Une collecte de données plus explicite, notamment sur la géolocalisation

Dans sa nouvelle politique de confidentialité, TikTok précise désormais pouvoir exploiter des données de géolocalisation précises issues du GPS, à condition que l’utilisateur ait donné son accord via le système d’exploitation de son smartphone. Jusqu’ici, cette pratique existait déjà de manière plus implicite, mais elle est désormais clairement formulée noir sur blanc.

La plateforme indique également qu’elle peut collecter et stocker des informations liées à l’usage de ses outils d’IA générative. Cela concerne les métadonnées associées aux prompts, aux messages et aux contenus créés, comme le moment, le lieu ou la manière dont ils ont été générés.

Cette précision s’inscrit dans l’extension progressive des fonctionnalités d’IA au sein de TikTok, mais aussi dans une logique de transparence réglementaire vis-à-vis des autorités américaines.

Enfin, TikTok élargit également l’usage des données à des fins publicitaires. Les informations collectées pourront être utilisées pour diffuser des publicités ciblées non seulement sur la plateforme, mais aussi via son réseau publicitaire.

Un cadre légal qui alimente les inquiétudes…

Le passage qui a le plus retenu l’attention des observateurs concerne la liste détaillée des données personnelles sensibles susceptibles d’être traitées. En effet, TikTok mentionne explicitement des informations liées à l’origine ethnique, aux croyances religieuses, à la santé mentale ou physique, à l’orientation sexuelle, au statut de genre, à la citoyenneté ou encore à la situation migratoire.

Si ce rappel a suscité de vives réactions de plusieurs responsables politiques américains, ce passage ne traduit pas une rupture majeure, mais plutôt une mise en conformité avec les législations locales, comme le California Consumer Privacy Act qui impose aux entreprises de détailler précisément les catégories de données susceptibles d’être collectées.

Un changement de forme plus que de fond&nbsp?

En pratique, les méthodes de collecte de TikTok n’ont pas fondamentalement évolué avec cette mise à jour. Néanmoins, la différence réside surtout dans la manière dont elles sont présentées aux utilisateurs.

Et alors que les utilisateurs partagent massivement des informations personnelles sur les réseaux sociaux, cette clarification rappelle surtout que les plateformes peuvent inférer de nombreux éléments à partir des usages, même sans déclaration directe…