Le choix de cet avion de combat américain pour équiper la Force aérienne a été brandi par l’opposition. Le PS, le PTB, Ecolo-Groen, DéFI ont exhorté le gouvernement à renoncer à en acheter de nouveaux exemplaires, comme le prévoit la Vision stratégique pour la Défense 2025. En vain: la demande d’urgence pour une proposition de résolution qui portait cette demande a été rejetée par l’ensemble de la majorité.
Les guerres en 2026: Ukraine, Gaza… Les choses pourraient-elles encore dégénérer en 2026 ?Une dépendance militaire envers les USA?
La question du F-35 n’est pas juste celle d’un avion. Car, en réalité, c’est un système “numérique” dont la maintenance, la gestion des pièces et une partie du soutien passent par un système logistique conçu et gouverné par les Américains. Les acheter, c’est donc dépendre en quelque sorte des USA. Un élément évidemment problématique, surtout en cette période, tellement les actions de Donald Trump peuvent sembler imprévisibles. La crispation croissante entre Européens et Américains souligne les points de dépendance de l’Europe dans une série de domaines économiques clés: armement et défense, industrie spatiale, télécommunications, plateformes et services numériques, énergie,…
L’ironie de cette situation (loin d’être drôle) est confirmée par la protection menée par le Danemark (propriétaire du territoire autonome du Groenland) de son espace aérien… par des avions de chasse F-35 américains fabriqués par Lockheed Martin. Et, selon nos confrères du journal Le Monde, pour préparer leurs missions, les pilotes des F-35 européens doivent envoyer leurs plans de vol vers des centres de données américains. Nous sommes 13 pays en Europe à en posséder: le Royaume-Uni, l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Finlande, la Norvège, le Danemark, la Pologne, la Roumanie, la Grèce, la Suisse et la République tchèque.
La Défense belge se réarme: le ministre Theo Francken vient d’annoncer une alliance avec les Pays-bas et l’acquisition de neuf batteries de missilesVers un changement de cap?
Alors, même si le gouvernement montre son ambition de maintenir l’achat de nouveaux avions, il semble que sur les bancs du MR, les avis commencent à diverger. Le député Denis Ducarme a expliqué dans Le Vif jeudi matin n’être pas totalement favorable à cette décision, ou du moins, il permet le doute. « Compte tenu des récentes déclarations de Trump et de sa remise en cause des fondements de l’Otan, doit-on réellement poursuivre sur cette voie sans la remettre en question? ». C’est un peu le même constat pour son collègue Mathieu Michel: il est « pertinent de réinterroger l’achat d’avions américains dans le contexte de l’actualité ».
Il existe évidemment peu de chances que le MR décide de changer de cap, surtout quand son président se déclare en faveur de la continuité du plan d’achat, tout comme le gouvernement.