C.H
27/01/2026 à 11:21

Cinq ans après la mort de Baptiste, collégien dispensé de sport décédé lors d’un cours d’EPS en Haute-Savoie, la justice a rendu son verdict. Le professeur d’éducation physique a été condamné pour homicide involontaire. Une décision judiciaire lourde de sens pour une famille qui, depuis décembre 2020, attendait reconnaissance et responsabilités.

Le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains a condamné mardi 27 janvier 2026 un professeur d’éducation physique et sportive pour homicide involontaire, à la suite du décès de Baptiste, 12 ans, survenu lors d’un cours d’EPS au collège de Bons-en-Chablais, en Haute-Savoie. L’enseignant a écopé de dix-huit mois de prison avec sursis et de 5 000 euros d’amende.

Les faits remontent au 1er décembre 2020. Ce jour-là, Baptiste, atteint depuis l’enfance d’une hypertrophie du myocarde et officiellement dispensé de sport pour raisons médicales, participe à une séance d’endurance en course à pied avec sa classe. Après plusieurs tours de piste, l’adolescent s’effondre, victime d’un malaise cardiaque. Évacué vers l’hôpital de Genève, il décède le lendemain.

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L’enquête a établi que, comme les autres élèves dispensés, Baptiste devait être présent au cours mais limité à des tâches annexes, telles que le chronométrage. Il a pourtant couru avec ses camarades lorsque le malaise est survenu. À la barre, l’enseignant, quinquagénaire, a soutenu qu’il ignorait l’existence de la dispense médicale, affirmant avoir seulement été informé « entre deux portes » par l’élève d’un « problème cardiaque ». Il a également exprimé son sentiment d’avoir été laissé seul face à ce drame.

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« C’est très peu payé »

Le ministère public avait requis deux ans de prison avec sursis, dénonçant une faute caractérisée. La défense plaidait la relaxe. Le tribunal n’a pas suivi cette ligne et a reconnu la responsabilité pénale du professeur, estimant que les manquements constatés avaient contribué au décès de l’adolescent.

À l’issue du jugement, les parents de Baptiste ont exprimé leur amertume. Le père de l’enfant a jugé la peine insuffisante et annoncé son intention de poursuivre le combat judiciaire, notamment contre l’Éducation nationale, estimant que l’institution porte une part de responsabilité dans ce drame. De son côté, l’avocate de l’enseignant a dénoncé un « coupable idéal » et a annoncé faire appel de la décision. « Qui peut se contenter d’une peine aussi faible ? […] 18 mois avec sursis pour la mort d’un gamin de 12 ans, c’est très peu payé », a réagi M. Ledoux après le rendu de la décision. « On ne va pas s’arrêter là, on va continuer, on va donc aller vers une plainte contre l’Education nationale », a-t-il ajouté.

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