Le Sarma, nouvel atout de l’artillerie russe, est-il déployé en Ukraine ? Selon les médias d’Etat russes, le lance-roquettes aurait été utilisé pour la première fois en conditions opérationnelles, avec des tests directement sur le front, rapporte le site ukrainien spécialisé Defense Express. Souvent présenté comme la réponse russe au M142 HIMARS américain, le Sarma partage le même principe : un véhicule mobile équipé de tubes de lancement, capable de tirer rapidement sa charge avant de se repositionner pour échapper aux tirs de contrebatterie.

Le Kremlin affirme même que le Sarma surpasse le HIMARS grâce à un calibre plus important et une portée plus longue. Les roquettes russes de 300 mm annoncées pourraient atteindre 120 km, contre 70 à 80 km pour les GMLRS de 227 mm utilisées par le HIMARS. Mais une analyse des données tempère ces annonces. Depuis 2024, les Etats-Unis produisent des roquettes ER-GMLRS capables d’atteindre 150 km, soit plus que le Sarma. Par ailleurs, les promesses russes d’une portée future de 200 km ne figurent plus dans les derniers rapports, souligne Defense Express.

Un projet ancien remis au goût du jour

Derrière le nom «Sarma», apparu en 2023, se cache en réalité l’évolution du 9A52-4 Kama, développé dès 2007 et monté sur un châssis KamAZ-63501. Le changement de nom symbolise surtout une tentative de modernisation d’un projet ancien, dont la technologie de base date de près de vingt ans. Et malgré les annonces russes, aucune preuve de production en série n’a été confirmée. Pour l’instant, le Sarma reste un prototype largement médiatisé, dont l’efficacité réelle sur un champ de bataille n’est pas démontrée.