Dans son spectacle « Salé », l’ancienne infirmière passée par le CHU de Rennes aborde, sans tabou, le corps, l’écologie ou les violences sexuelles, dans un stand-up franc et provocateur. Salé sera joué jeudi 29 janvier à 20 h 30 au Kawa Théâtre, à Montpellier.
Pourquoi votre spectacle s’intitule Salé ? C’est un titre plutôt intriguant. Qu’est-ce que ça raconte de vous et de votre humour ?
C’est un spectacle d’humour noir principalement, avec un peu d’absurde. Salé, c’est parce que ça va être salé, ça va secouer. Je brasse plusieurs thèmes qui pourraient énerver une femme dans sa trentaine : les incohérences de la société regardées avec cynisme et un côté faussement naïf.
Quels sont les grands thèmes du spectacle ?
Je n’ai jamais trop envie d’en dire car je veux qu’il y ait de la surprise, mais je vais brasser plein de thèmes comme mes règles, mon chien, l’écologie ou les agressions sexuelles. Ça va de tout à rien. Quelques extraits sont d’ailleurs disponibles sur mon Instagram.
Comment est né ce spectacle ? Est-ce le fruit d’expériences personnelles ou une urgence de dire les choses ?
C’est un mélange de tout ça. C’est ce qui se passe dans ma tête, mes idées farfelues et les choses que j’ai envie de pointer du doigt ou de crier avec humour. J’ai commencé le stand-up il y a bientôt quatre ans. Mon tout premier sketch expliquait comment je voulais buter une prof de yoga pour dénoncer la bien-pensance. Il n’est plus dans le spectacle, mais le postulat reste que tout m’énerve, le bon comme le mal.
Votre humour est souvent qualifié de franc, parfois grinçant, notamment sur le handicap. Est-ce la meilleure manière que vous avez trouvée pour transmettre et faire rire ?
C’est en tout cas celle qui me correspond le plus. Je ne me verrais pas faire un autre style d’humour car j’aime provoquer, ne pas prendre de pincettes et tutoyer tout le monde. Personne n’est au-dessus de personne dans ma salle. Je vais me moquer de tout et de tout le monde, moi comprise, car il faut savoir rire de soi avant de rire des autres.
Ancienne infirmière
Vous ne venez pas des réseaux sociaux. Vous avez été manager chez McDo, infirmière… Quel a été le déclic pour devenir humoriste ?
Le déclic est venu dès la première fois où je suis montée sur scène. J’ai eu l’impression d’avoir un superpouvoir en faisant rire les gens avec ce qui sort de mon cerveau. Ensuite, je me suis inscrite à un tremplin un an plus tard pour me tester. J’ai gagné le prix du jury et rencontré mon producteur. C’est lui qui m’a proposé de travailler avec lui. Sans cela, je serais probablement encore infirmière.
Est-ce que votre expérience dans la santé a influencé votre écriture ?
Oui, car il y a énormément d’humour noir à l’hôpital. C’est une manière pour les soignants de désamorcer des situations horribles et de mieux digérer ce qu’ils vivent. On fait parfois des blagues très limites pour décharger la pression, sinon on ne tiendrait pas longtemps. L’hôpital a rajouté une couche de cynisme à ma nature de base.
Du CHU de Rennes à la scène, qu’est-ce qui a été le plus difficile à franchir ?
Ce qui a été dur, c’est de travailler seule. Dans la santé, on est toujours en équipe. Là, on se retrouve seule dans le train, à l’hôtel, et on vit un moment intense avec le public avant de se retrouver de nouveau seule. C’est le revers de la médaille, même si je prends beaucoup de plaisir à écrire et à être seule sur scène. Heureusement, il y a les plateaux et les premières parties qui permettent de retrouver des moments en équipe.
Jeudi 29 janvier à 20 h 30. Kawa Théâtre, 18, rue fouques, Montpellier. Tarif : 26 et 28 €.