C’est une image diffusée sur le réseau social X dimanche soir qui crée la polémique en pleine campagne des élections municipales à Toulouse (Haute-Garonne). Partagée par le compte « Parlons Toulousain » et relayée par Jean-Jacques Bolzan, adjoint au maire de Toulouse et colistier de « Protégeons l’avenir », cette photo générée par l’intelligence artificielle montrant François Briançon, tête de liste de l’union de la gauche, et François Piquemal, candidat portant les couleurs de LFI, main dans la main, a depuis été retirée. Une publication qui a suscité de fortes critiques de la gauche qui dénonce « une dérive inquiétante du débat public ».
Depuis plusieurs mois, les soutiens du maire sortant et candidat à sa succession, Jean-Luc Moudenc (ex-LR), accusent la liste de la gauche unie et celle de LFI d’avoir l’intention de fusionner au second tour, une alliance qualifiée de « danger pour Toulouse » par la liste « Protégeons l’avenir ». Pour illustrer le rapprochement des deux listes de gauche, Jean-Jacques Bolzan, colistier de Jean-Luc Moudenc, avait déjà publié sur X une photo de François Briançon et de François Piquemal, faisant le V de la victoire, côte à côte devant un mur de briques.
La nouvelle photo publiée dimanche soir est inspirée de ce cliché mais entre-temps, l’intelligence artificielle a transformé les deux hommes politiques qui se tiennent désormais par une main et tendent un bras en l’air en signe de victoire commune. En relayant cette photo truquée, Jean-Jacques Bolzan l’a accompagné du commentaire « photo pour le second tour ! Il ne manque que Régis Godec, l’écolo décroissant à qui a été promise la présidence de la Métropole ».
« Un climat de manipulation »
Dénonçant des méthodes dignes de Trump, le candidat socialiste a demandé le retrait immédiat de cette image et des publications qui la relaient, des explications publiques de la part de Jean-Jacques Bolzan et du maire sortant et un engagement de faire campagne sur des faits, pas sur des montages, des insinuations ou des peurs.
« Au moment où la vie publique est fragilisée par la circulation massive de contenus trompeurs – images sorties de leur contexte, montages, « deepfakes », approximations présentées comme des faits – la responsabilité des élus est immense : on ne peut pas réclamer la confiance tout en relayant des contenus manipulateurs, souligne la liste de la gauche unie. Cette séquence n’est pas isolée. À Toulouse, Jean-Luc Moudenc et sa majorité ont déjà choisi, dans leurs tracts comme dans leur communication, des méthodes qui brouillent le débat : raccourcis, insinuations, récits orientés. À force d’entretenir un climat de manipulation, on abîme le seul bien commun qui permet encore de trancher démocratiquement : la confiance ».
François Briançon se réserve le droit d’engager des actions en justice, comme la diffamation et l’atteinte à son image.