Le groupe français Capgemini, acteur majeur du CAC 40 spécialisé dans les services numériques, serait impliqué dans des contrats avec la police américaine de l’immigration (ICE), a révélé lundi soir l’enquête de L’Œil du 20 heures, diffusé sur France 2. L’entreprise grenobloise aurait développé l’un des outils des agents fédéraux, via sa filiale Capgemini Government Solutions (CGS), d’après des informations de l’Observatoire des multinationales.
Selon France 2, Capgemini gère, entre autres, un standard téléphonique destiné aux victimes de crimes commis par des étrangers, un dispositif créé sous la présidence de Donald Trump. En novembre dernier, le groupe français a également répondu à un nouvel appel d’offres visant à identifier et localiser des migrants via du skip-tracing, avec jusqu’à 365 millions de dollars à la clé.
« Les contrats des groupes français méritent toute vigilance », a réagi ce mardi matin sur RTL Catherine Vautrin. Et la ministre des Armées de poursuivre : « C’est facile de faire un commentaire un matin sur une radio quand on n’a pas le détail du contrat, mais le respect des droits de l’homme est un sujet. »
Capgemini ne peut pas commenter « des contrats classifiés »
Interrogé par France 2, le groupe a répondu ne pas pouvoir faire de commentaires sur « des contrats classifiés, conformément aux réglementations américaines ».
Ces révélations interviennent alors qu’Alex Pretti, infirmier américain de 37 ans, a été tué samedi par des agents de l’ICE à Minneapolis. Son décès vient aggraver une situation déjà tendue depuis celui de Renee Good, une Américaine tuée par balle le 7 janvier par des agents fédéraux dans cette même ville.