Parti dans l’inconnu pour ses débuts officiels sous les couleurs de Tarteletto-Isorex, Yorben Lauryssen revient d’Inde avec le plein de confiance. Sur les routes du Pune Grand Tour, épreuve classée 2.2 au calendrier UCI, le Belge a créé la surprise en décrochant la 3e place du classement général. Une bonne performance qui s’est jouée à une dizaine de secondes de bonifications face à l’équipe Li Ning Star. Alors qu’il souhaite désormais privilégier la route au cyclo-cross, il raconte pour DirectVelo cette expérience dépaysante et se projette sur sa campagne belge à venir.

DirectVelo : Tu reviens d’une semaine réussie à Pune (Inde). Quel regard portes-tu sur ta course ?
Yorben Lauryssen : Pour être honnête, je me suis surpris moi-même. C’était ma toute première course avec ma nouvelle équipe, Tarteletto-Isorex, et c’est une excellente entame. J’espère pouvoir poursuivre sur cette lancée. La saison ne fait que commencer, mais l’objectif est de maintenir ce niveau jusqu’au bout. 

Avec cette 3e place au classement général, as-tu le sentiment d’avoir atteint ton maximum ?
Si l’on regarde purement les performances physiques, sans les bonifs, j’aurais gagné. La victoire s’est jouée là-dessus : le vainqueur a remporté deux étapes, ce qui lui a rapporté beaucoup de secondes de bonus. J’ai ensuite perdu ma deuxième place à cause des sprints intermédiaires lors de la troisième étape. Mais cela fait partie du jeu. Au final, je pense avoir tiré le maximum de ma semaine. La troisième place était le meilleur résultat possible face à des adversaires plus rapides au sprint. Le podium reste un résultat honorable, d’autant que le classement de l’étape reine reflétait le classement final.

Les bonifications sont souvent cruciales sur ce type de courses par étapes. Est-ce un aspect sur lequel tu comptes t’améliorer ?
Je ne suis pas un pur sprinteur, mais je vais effectivement essayer de m’améliorer dans ce domaine pour pouvoir batailler pour ces secondes de bonification à l’avenir. Cela dit, je suis reconnaissant envers mon équipe qui m’a bien aidé à en grappiller en cours de route. C’est un point sur lequel je vais travailler.

« DES RANGÉES DE SPECTATEURS TOUT DU LONG DU PARCOURS »

C’était la première course hors Europe. Comment as-tu vécu ce dépaysement ?
Il a fallu s’habituer, notamment parce que les équipes m’étaient inconnues. Au début, c’était un grand point d’interrogation de savoir face à qui j’allais courir. Finalement, la manière de courir était assez similaire à la Belgique, mais avec des étapes courtes, ce qui rendait la course très difficile à contrôler. C’était à fond tous les jours. Ce qui était très appréciable, c’est qu’ils avaient posé un nouvel asphalte sur tout le parcours. Les routes étaient larges et sûres. Nous avons pu courir dans d’excellentes conditions. 

L’épreuve semble avoir été très populaire. Comment as-tu ressenti cette énergie et l’accueil des Indiens ?
L’énergie était incroyable. Lors de la dernière étape, il y avait des rangées de spectateurs tout le long du parcours. Je n’avais jamais vu ça, c’était une expérience unique. J’ai aussi ressenti la gentillesse des gens. Que ce soit au bord de la route, dans la circulation lors des transferts à vélo ou à l’hôtel, les Indiens ont été super accueillants. 
Et c’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de structure dans leur trafic, les scooters et les voitures se mélangent un peu. Mais quand nous rentrions à l’hôtel, en roulant par deux à six coureurs, les voitures s’écartent d’elles-mêmes. C’était assez sûr finalement, car tout le monde nous regardait. Ils n’avaient probablement jamais vu de vrais coureurs cyclistes, c’était spécial.

Commencer la saison par une telle aventure et un bon résultat, c’est idéal pour la confiance. Que retiens-tu de cette expérience unique pour la suite ?
C’était une expérience unique de pouvoir combiner le voyage et la course. C’était un saut dans l’inconnu, tant pour le pays que pour l’intégration dans l’équipe, mais tout s’est très bien passé. C’est prometteur pour la suite.

« JE PEUX DEVENIR PLUS FORT PHYSIQUEMENT »

Quel est la suite de ton programme avec Tarteletto-Isorex ?
Nous partons en stage à Altea (Espagne), du 28 janvier au 6 février avec l’équipe. Ensuite, la saison belge débutera début mars. Je vais profiter de cette période pour m’entraîner et m’améliorer encore un peu afin d’arriver plus fort sur les courses en Belgique. Il y aura surement d’autres voyages au programme durant la saison, peut-être en Chine. Je ne connais pas encore les sélections, donc cela reste un point d’interrogation pour le moment.

Avec cette performance, ton statut change-t-il et t’attends-tu à un rôle de leader pour les courses belges ?
Ma troisième place sur l’étape était mon meilleur résultat UCI sur route, et faire troisième du général confirme que je vaux quelque chose. Cela dit, je manque encore d’expérience sur la route pour diriger l’équipe. J’ai demandé à mes équipiers de me guider, car je manque encore un peu de vision de la course. J’ai montré ce dont j’étais capable et l’équipe est contente. Mon rôle dépendra des coureurs alignés, mais je suis tout à fait prêt à travailler pour l’équipe si besoin. Peu importe le rôle, je suis disponible.

À plus long terme, toi qui viens du cyclo-cross, ce résultat ouvre-t-il la porte à une carrière plus centrée sur la route ?
Je veux d’abord savourer cette performance. Pour l’avenir, j’aimerais continuer à combiner avec le cyclo-cross en hiver, notamment en décembre, car c’est un excellent stimulant pour l’entraînement, surtout pour les intervalles. Mais le focus des prochaines années se déplacera de plus en plus vers la route. C’est là que j’ai la plus grande marge de progression et le plus à découvrir. Comme je l’ai dit, je manque d’expérience et de volume, donc en travaillant là-dessus, je peux devenir plus fort physiquement. Je suis heureux de ce premier pas réussi dans ma carrière sur route.