Sébastien Lecornu a accusé mardi Éric Ciotti « d’importer » sa campagne des municipales à Nice (Alpes-Maritimes) en faisant du « recel du malheur » d’une nonagénaire victime de viol dans cette ville, pour lequel un Tunisien en situation irrégulière a été arrêté.

« On vous voit importer votre campagne municipale ici dans cet hémicycle, en faisant le recel du malheur de cette famille », a lancé lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le Premier ministre, applaudi par les députés du bloc central et de La France insoumise.

Il était interrogé par le président de l’UDR Éric Ciotti, allié du Rassemblement national, à propos du viol d’une femme de 90 ans à Nice, pour lequel un Tunisien en situation irrégulière a été arrêté. Le député dénonçait l’« incapacité » du gouvernement « à expulser » et « à protéger ».

« Qu’attendez-vous pour agir ? Plutôt que de bloquer ? »

« Monsieur le président Ciotti, puisque vous nous appelez à agir, pourquoi dans une heure vous allez censurer le budget du ministère de l’Intérieur, du ministère de la Justice, du ministère des Armées ? », a demandé le chef du gouvernement, confronté à de nouvelles motions de censure pour avoir déclenché un nouveau 49.3 sur la partie dépenses du budget.

« Qu’attendez-vous pour agir ? Plutôt que de bloquer, plutôt que d’entraver ? », a poursuivi Sébastien Lecornu en haussant la voix. C’est « insupportable de vous voir faire le recel de cette émotion (…) Au bout d’un moment, halte avec cette petite politique ».

Éric Ciotti a en retour crié au « scandale », déplorant que Sébastien Lecornu n’ait pas eu « un mot de compassion » dans sa réponse. « Un Premier ministre responsable et coupable qui doit présenter des excuses à la victime et sa famille », a-t-il estimé sur X.

Sébastien Lecornu s’en était déjà pris à Éric Ciotti fin novembre, en multipliant les piques et en mettant en avant ses divergences avec le parti de Jordan Bardella, notamment sur la fiscalité.