Deux hommes de 35 et 53 ans qui se filmaient en direct sur une plage ont été arrêtés dimanche soir par la police près de Calais, soupçonnés d’être des militants d’extrême droite venus participer en France à une mobilisation interdite contre les migrants.
Deux militants britanniques arrêtés pour provocation à la haine dimanche alors qu’ils patrouillaient sur une plage française d’où partent clandestinement nombre de migrants ont été libérés mardi, a indiqué le parquet, et ils seront expulsés vers la Grande-Bretagne, a ajouté la préfecture. La police a arrêté près de Calais dimanche soir deux hommes de 35 et 53 ans qui se filmaient en direct sur une plage, soupçonnés d’être des militants d’extrême droite venus participer en France à une mobilisation interdite contre les migrants.
Ils ont été placés en garde à vue pour provocation à la haine et participation à un groupement en vue de la préparation de violences. Or les deux hommes «contestent toute appartenance à un quelconque mouvement appelant à des manifestations ou actes violents à l’encontre de la population migrante», a indiqué la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier dans un communiqué mardi.
«L’exploitation des vidéos pouvant leur être attribuées ne permettant pas de caractériser les faits reprochés», ils ont été remis en liberté, poursuit-elle. Dans la foulée, «une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) a été prononcée pour menace à l’ordre public», a ajouté sur X le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch. Le préfet a décidé de placer les deux Britanniques en centre de rétention administrative, où sont retenus les migrants en attente d’expulsion, «en vue de leur éloignement dans les prochains jours».
Une opération anti-migrants intitulée «Overlord»
Un militant britannique d’extrême droite, Daniel Thomas, avait appelé ses partisans à se rendre en France le week-end dernier dans le cadre d’une opération anti-migrants intitulée «Overlord». Elle visait notamment à pallier ce qu’il décrit comme l’incapacité des forces françaises à empêcher les départs clandestins vers le Royaume-Uni.
Les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais ont interdit les rassemblements liés à cette opération, une interdiction prolongée jusqu’à mercredi, estimant qu’ils s’inscrivent «dans une idéologie xénophobe» et «créent un risque manifeste de troubles à l’ordre public».
Dans une série de vidéos diffusées en direct dimanche sur une chaîne YouTube, on peut voir deux Britanniques arpenter une plage près de Calais. «Si je vois un canot, je cours et je le transperce de toutes mes forces», assure l’un d’eux dans l’une de ces vidéos, sans que l’on puisse confirmer qu’il s’agit de l’un des mis en cause. Dix autres militants d’extrême droite britanniques ont été interdits de territoire français mi-janvier en raison d’accusations d’«actions à caractère violent» envers des migrants sur le littoral français ces derniers mois.