Jonas Vingegaard a chuté à l’entraînement ce lundi en Espagne. Le Danois s’est agacé d’être suivi par des amateurs, et sa formation Visma-Lease a Bike a appelé les cyclistes à laisser les professionnels s’entraîner en toute tranquillité. Le coureur de la Groupama-FDJ, Paul Penhoët, lui aussi actuellement en stage en Espagne, partage son expérience auprès de RMC Sport.

Paul Penhoët, voyez-vous beaucoup d’amateurs qui tentent de vous suivre lors de vos sorties ?

Oui forcément il y en a, après quand on est en groupe ça roule plus vite donc il y en a quand même un peu moins. Mais c’est sûr que pour ceux qui viennent rouler ici en Espagne et qui sont en stage personnel, il y a plus de gens qui essayent de rester avec eux, d’autant plus quand c’est des grands noms, mais la plupart respectent vraiment bien. C’est sûr que la route est à tout le monde, mais c’est important que ceux qui le font aient conscience qu’on est en train de travailler et qu’il faut aussi respecter ça. Mais à partir du moment où ils ne nous mettent pas en danger, il n’y a pas de soucis. Pourquoi pas nous demander, si ça nous dérange ou pas qu’ils restent avec nous ?

Et comment cela se passe quand vous êtes seul à l’entraînement ?

Il y en a qui essayent soit de rester derrière moi, d’autres parfois viennent me parler mais en tout cas par chez moi c’est très respectueux et à partir de là, il n’y a pas de problème. Mais c’est sûr qu’après, quand on commence à effectuer des exercices, on aime bien quand même être un peu dans notre bulle et seul mais ça dépend vraiment des gens. 

Comprenez-vous que Jonas Vingegaard ait pu s’agacer de voir un cycliste amateur tenter de suivre sa roue à l’entraînement ?

Je peux complètement comprendre. Si Jonas a dit au mec que ça le dérangeait et que le mec a continué, c’est sûr que là ça peut être vraiment énervant. Le plus respectueux pour tout le monde, c’est que si ça nous dérange, à un moment donné, on le dise. Et après, je pense que les gens sont assez intelligents pour comprendre ça.

Pouvez-vous nous décrire les routes du Sud de l’Espagne en cette saison, où beaucoup de professionnels s’entraînent ?

C’est vraiment impressionnant. On passe rarement cinq minutes sans croiser de vélo. Il y a vraiment énormément de gens, que ce soit des pros et de plus en plus énormément d’amateurs, qu’ils soient seuls ou en groupes parce qu’il y a aussi beaucoup d’organisations maintenant qui organisent ici des semaines d’entraînement entre amateurs. Même dans les hôtels, c’est sûr qu’il y en a de plus en plus, surtout autour de Calpe. Nous, avec Groupama-FDJ, on est un peu plus haut, vers Dénia. On arrive encore à trouver des routes que même nous, on ne connaît pas trop, parce que ça fait du bien aussi de changer, il y a un peu moins de cyclistes. Mais quand on prend les routes très, très fréquentées et on les connaît, c’est souvent les mêmes, c’est vraiment l’autoroute des cyclistes et encore plus le week-end.

Les réseaux sociaux et des applications sportives comme Strava encouragent-ils aussi les amateurs à déranger les professionnels ?

C’est vrai que quand on rentre des sorties, on est parfois identifiés dans les publications, ou quand des mecs nous ont pris en vidéo. Strava est devenu un réseau social à part, avec des photos, des descriptions, etc. Il y a des amateurs qui sont vraiment contents d’avoir roulé avec des pros et c’est normal. Quand j’étais jeune, je pense que ça m’aurait fait plaisir aussi. La plupart du temps, ça se passe bien mais c’est sûr que les grands noms sont sûrement plus embêtés que nous.

Propos recueillis par Kévin Morand