Par

Cédric Nithard

Publié le

27 janv. 2026 à 20h34

Si les Écologistes sont secoués par une tribune de militants prônant la rupture avec le parti pour un rapprochement avec La France Insoumise, Jean-Louis Roumégas maintient le cap de sa candidature aux municipales à Montpellier. Le député défend la ligne nationale face aux arguments développés dans cette tribune qu’il rejette totalement. Quant à la situation locale, la tête de liste du Printemps Montpelliérain dénonce l’entrisme des Insoumis et croit plus que jamais à son rassemblement en rupture avec Michaël Delafosse. Et d’assumer incarner cette rupture face à La France Insoumise et Cause Commune avec qui une alliance parait désormais impossible. Si la crise est latente chez les écologistes, elle l’est aussi dans cette partie de la gauche.

Quelle est votre réaction après le départ de Julia Mignacca des Écologistes et du Printemps Montpelliérain ?

Peut-être que les choses s’éclaircissent… D’abord, par rapport à la tribune dans Médiapart, c’est un événement national et pas seulement local mais cela reste un mouvement minoritaire. Ce texte présente de manière fausse la démarche des écologistes en prétendant qu’il y a un rapprochement avec le Parti Socialiste. Ce n’est pas vrai. au niveau national, il s’est passé quelque chose de très important avec l’organisation d’une primaire en octobre pour la présidentielle que défend Marine Tondelier mais aussi Clémentine Autain, François Ruffin… Tout le monde à gauche sauf les partisans de Jean-Luc Mélenchon et de Raphaël Glucksman. Ce n’est pas une démarche en faveur du PS ou d’autres, c’est une démarche qui veut préserver spécialement pour la présidentielle l’unité qui a fondé le Nouveau Front Populaire. Le constat est simple. Sinon, il n’y a pas de garantie que la gauche soit présente au second tour de la présidentielle. Il ne s’agit donc pas d’une démarche de Marine Tondelier qui ne fait qu’appliquer une décision qui a été ultra majoritaire chez les écologistes. De même, il est dit dans la tribune que les Écologistes auraient dû accepter la proposition des Insoumis aux Européennes. Quoi que l’on pense de la campagne après coup, tout le monde était d’accord qu’il fallait une campagne autonome des Écologistes et ce n’était pas une campagne pro-PS. Au contraire. Cette tribune mélange tout et ce n’est pas honnête de présenter les choses comme ça. Quant aux accords des municipales, ce n’est pas le national qui les impulse. Le national laisse faire les groupes locaux au nom du principe de subsidiarité. D’ailleurs, la preuve, c’est qu’à Montpellier nous ne sommes pas du tout avec le Parti Socialiste.

Ce qui a déjà créé des problèmes en amont.

Exactement. C’est un choix qui a créé des remous mais que l’on assume. Il y a des villes comme Strasbourg où la maire écologiste a les socialistes contre elle. À Paris, le écologistes qui ont déjà travaillé avec le PS ont décidé de faire une union qui a l’air de bien fonctionner. Donc c’est vraiment au cas par cas. Quand cela se passe bien, c’est reconduit et, sinon, il y a d’autres alliances mais ce n’est pas impulsé par le national et on ne peut pas dire que c’est un rapprochement décidé à priori par le parti. C’est en fonction des histoires locales. Et si les Insoumis ont moins d’accords, mais ils en ont quand même comme à Grenoble ou Perpignan, c’est qu’ils ont fait le choix de s’isoler dans cette campagne. Au lieu d’essayer de construire des majorités locales, ils cherchent à faire la campagne de la présidentielle avant l’heure.

Cette tribune raconte n’importe quoi au niveau national, a beaucoup déçu et choque la direction nationale et le conseil fédéral parce que cela ne correspond pas du tout à la réalité de ce qui a été décidé. Elle n’est pas honnête sur le fond.

Jean-Louis Roumégas
Tête de liste du Printemps Montpelliérain

Il n’y a donc selon vous pas de cohérence dans cette tribune.

Cette tribune raconte n’importe quoi au niveau national, a beaucoup déçu et choque la direction nationale et le conseil fédéral parce que cela ne correspond pas du tout à la réalité de ce qui a été décidé. Elle n’est pas honnête sur le fond. Après que les signataires défendent une alliance avec les Insoumis c’est leur choix mais qu’ils ne racontent pas que le parti a fait le choix à priori du PS. Ce n’est pas exact. Ils défendent ce rapprochement pour la Présidentielle et les municipales. Et c’est ce qu’il se passe à Montpellier en rejoignant la campagne de Mélenchon avant l’heure. Ce n’est que ça. En plus, on ne peut pas dire à Montpellier que les Insoumis soient plus en rupture avec le PS que les Écologistes. Le sujet sur lequel on s’est fâché avec Michaël Delafosse c’est l’incinérateur porté par le vice-président insoumis René Revol. Donc aller raconter qu’il faut aller avec les Insoumis pour être en rupture localement avec le PS c’est tout le contraire. Ce sont les Insoumis qui sont ambigües avec Michaël Delafosse notamment René Revol qui fait l’incinérateur et participe largement à sa campagne de bétonisation. Il n’y a qu’à voir ce qu’il fait à la ZAC de Gimel que combattant les associations dont celle qui a protégé le Coteau de Malbosc. Il récupère même la clinique Clémentville qui devait aller à la Mosson. Les Insoumis n’incarnent pas du tout la rupture avec Michaël Delafosse et ce qu’on leur a reproché lorsque nous avons eu des approches pour des discussions. D’ailleurs, sans doute pour préparer son ralliement à Nathalie Oziol, Alenka Doulain dit qu’elle a obtenu un moratoire sur le CSR. Nous, nous disons « moratoire = piège à cons ».

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Le moratoire sur le CSR était par ailleurs défendu depuis longtemps par La France Insoumise à l’Assemblée nationale ?

Justement, ils sont pour un moratoire national mais, localement, quand un Insoumis a déjà lancé le projet, ils devraient dire qu’ils l’arrêtent, pas de proposer un moratoire s’ils gagnent les élections. S’ils sont clairs, René Revol, qui est déjà aux affaires, devrait dire qu’il suspend le projet. Mais il ne font pas du tout ça. C’est donc juste un moyen pour justifier que Alenka Doulain, et sans doute Julia Mignacca maintenant, rejoint la liste de La France Insoumise. Pour sauver la face, ils sortent ce moratoire. Vous avez le vice-président qui s’occupe de ce dossier, qu’attend-t-il pour prendre des décisions et arrêter le projet ?

Tout simplement parce qu’il est pour ce projet.

C’est pour ça que je trouve cette tribune injuste au niveau national et complètement à côté de la plaque au niveau local. Aller raconter que l’on est proche du Parti Socialiste ! C’est nous qui incarnons la rupture la plus nette.

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Ce n’est pas quelques défections, où des pro-Ps qui retournent au PS et des pro-LFI qui retournent à LFI, qui vont changer les choses. Si certains veulent aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs, qu’ils y aillent. Ce n’est pas très grave.

Jean-Louis Roumégas
Tête de liste du Printemps Montpelliérain

À ce sujet, Julia Mignacca est particulièrement sévère à votre égard.

La réalité des choses c’est que Julia Mignacca travaillait avec Alenka Doulain et Rhany Slimane depuis longtemps dans Nous Sommes. Ils ont envoyé une partie d’entre eux chez les Verte et d’autres chez les Insoumis. Julia Mignacca a échoué à prendre le contrôle des Écologistes et Rhany Slimane celui de La France Insoumise donc maintenant tout le monde retourne au bercail. C’est tout.

Vous n’avez pas l’impression que tout ça était couru d’avance ?

Totalement. Je n’ai pas eu de surprise. Je n’ai pas eu de surprise du tout.

Comment cela va impacter le Printemps Montpelliérain pour la suite de la campagne ?

Cela ne change absolument rien pour nous. Le Printemps Montpelliérain est un rassemblement qui continue, clair dans ses objectifs et nous avons construit un programme de rupture sérieux. On porte ce programme qui est en train de marquer des points. Jusqu’en décembre nous étions sur la construction du programme. Depuis janvier, nous allons vraiment sur le terrain et ce programme plait parce que l’on pose les vraies questions qu’attendent les Montpelliérains. Je n’ai pas de doute. Ce n’est pas quelques défections, où des pro-Ps qui retournent au PS et des pro-LFI qui retournent à LFI, qui vont changer les choses. Si certains veulent aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs, qu’ils y aillent. Ce n’est pas très grave. Que chacun retourne dans sa famille politique d’origine et les électeurs jugeront projet contre projet. Les électeurs se prononcent par rapport à un projet. Le notre est clair et basé sur des convictions écologiques très fortes.

Même si c’est vous qui avez l’étiquette officielle, on risque donc d’avoir à nouveau trois listes se revendiquant de l’écologie en mars ?

Les choses sont très claires. C’est effectivement nous qui avons l’étiquette officielle et d’ailleurs Marine Tondelier devrait venir en février. Après… Cela montre juste que l’écologie est un enjeu pour les Montpelliérains et que tout le monde veut faire de la communication sur le sujet en essayant de récupérer les attentes écologiques. Le débat est ouvert et les gens jugeront qui portent de vraies convictions écologiques et qui veut faire du greenwashing.

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