Clément Venturini a longtemps été incertain sur son avenir. C’est un peu avant le 10 décembre qu’il a eu la certitude d’être toujours pro en 2026, en s’engageant avec la ProTeam Unibet Rose Rockets. Jusque-là, il avait connu un hiver bien inhabituel. “Mon premier entraînement cadré, c’était le 12 décembre lors du stage de l’équipe. Avant, je roulais car c’était le sportif qui voulait se faire du bien physiquement et l’humain qui voulait se faire du bien à la tête. J’ai fait le 8 novembre un semi Antibes-Cannes, pour accompagner ma femme qui faisait elle le marathon Nice-Cannes, en ayant couru trois fois avant. Je ne l’aurais jamais fait si j’avais un contrat en poche. Ça m’a permis de vivre autre chose”, rapporte-t-il à DirectVelo.

Mais les points positifs de cet hiver sont rares. Le Rhodanien de 32 ans reconnaît avoir passé “un hiver très dur”. Le septuple Champion de France de cyclo-cross a préféré faire une croix sur la discipline afin de ne pas se disperser et garder toute son énergie sur la recherche d’une équipe. Un vrai crève-cœur pour cet amoureux des sous-bois. Il n’a ainsi pas pu regarder le Championnat de France le 11 janvier dernier alors qu’il se trouvait en stage avec sa nouvelle formation en Espagne. “J’ai juste un peu regardé les filles en replay car j’étais surpris qu’Amandine (Fouquenet) n’ait pas gagné. Vu ses performances précédentes, j’aurais aimé qu’elle soit Championne de France. Je voulais voir comment Célia (Gery) a couru pour gagner. C’est bien pour elle, elle a tout l’avenir devant elle. Puis j’ai regardé le Championnat de Belgique. Le samedi soir, j’ai eu du mal à m’endormir mais pour une raison différente des treize dernières années”.

« J’ESPÈRE NE PAS LE PAYER PLUS TARD »

Il redoute que la longue période sans assurance pour 2026 ne laisse des traces. “Sur le plan émotionnel, je vais passer au-dessus mais il y a eu de la grosse fatigue et j’espère ne pas le payer plus tard dans la saison. Mon sérieux va permettre, je pense, de combler ça”. Clément Venturini, qui a l’avantage de rapidement revenir en forme, en saura plus sur sa condition actuelle cette semaine en disputant ce mercredi, le Trophée Calvia sur le Challenge de Majorque, puis dimanche le Grand Prix de Marseille-La Marseillaise.

L’ancien coureur d’Arkéa-B&B Hôtels a tourné la page de cet hiver si particulier. “Mi-janvier, j’ai mis les photos avec mes nouvelles couleurs sur mes réseaux. Les gens me disaient qu’ils étaient contents que j’ai retrouvé une équipe, mais maintenant next. On est passé à autre chose. Je suis chez les Rockets, je suis coureur cycliste pro en 2026, je veux être performant et toujours chez les pros l’an prochain”.

Il a fait le choix de signer un an alors qu’un contrat de deux saisons lui était proposé. “C’était une volonté de ma part pour plusieurs raisons. Je voulais déjà voir si je me plaisais dans l’équipe”. Sa motivation est toujours forte. “Parfois l’an passé, on disait que j’étais plutôt vieux et en préretraite. La preuve que non, j’ai préféré signer un an pour voir si ça me convenait alors que j’aurais pu signer deux ans et dérouler. Parfois, on a du mal à savoir qui je suis au fond. En douze ans de carrière, je n’ai jamais eu de trou, juste deux ou trois petites blessures. Je ne comprends pas tout”.

« BEAUCOUP DE PLAISIR À FAIRE CETTE VIDÉO »

Le 16 décembre, Unibet Rose Rockets a annoncé son arrivée en le faisant jouer le rôle d’un auto-stoppeur qui cherchait une équipe en mettant en avant sur un carton son nombre de points UCI. L’équipe de Bas Tietema mise énormément sur les réseaux sociaux et l’image pour continuer de se développer. Ce qui ne semble pas à première vue correspondre au caractère de Clément Venturini. “J’ai pris beaucoup de plaisir à faire cette vidéo, d’autant plus quand j’ai vu le résultat, corrige-t-il. Bien sûr, il y a un gros pôle média et réseaux sociaux mais ce n’est pas du tout lourd. Dans le passé, j’ai connu deux ou trois entraînements à s’arrêter ou à revenir en arrière pour faire une photo ou une vidéo. Ici, pas du tout”.

Lui met en avant le sérieux de la structure à forte majorité néerlandaise. « Pour ceux qui me connaissent, ils savent que je suis assez exigeant avec moi-même, parfois ça déteint sur les autres, reconnaît-il. Par exemple, j’aime que les horaires soient respectés. Quand un entraînement part à 30, on n’arrive pas à 30 au camion. Parfois, ça me retombait dessus. Si je disais à un gars qu’il était en retard, le directeur sportif me disait “tranquille, on a le temps”. Pourquoi donner un horaire alors… Ici, on arrive à 28 et on part à 30. Ça me plait. J’aime cette manière de fonctionner. Il faut rester ouvert mais j’aime bien quand c’est carré. Ce sera une très belle expérience pour moi”.

Clément Venturini loue également l’esprit collectif de sa nouvelle formation. Il compte bien en tirer pour s’offrir une victoire, ce qu’il n’a pas réussi à faire depuis une étape de la Route d’Occitanie 2018. “Il y en a peu qui gagnent. C’est très dur d’y parvenir et tout seul, c’est presque impossible. Quand je vois l’esprit d’équipe ici, j’espère que ça peut me faire pencher du bon côté. Je n’ai jamais eu le leadership ces dernières années. Parfois dans un final de course, on oubliait la forme du moment et les archives rentraient en compte. Je respecte et je sais que ne pas gagner, ça n’aide pas. On se dit, il est toujours là mais ne gagne pas. J’aimerais inverser cette tendance”.