Le haut de liste présenté ce mardi 27 janvier se veut « à l’image du peuple strasbourgeois ». Il est en tout cas à l’image du binôme des Insoumis Florian Kobryn-Halima Meneceur, qui mène campagne depuis l’automne. Il est ingénieur des Ponts et Chaussées, travaille dans un théâtre national, habite Neudorf. Elle est travailleuse sociale, habite Hautepierre.
Les 14 autres noms dévoilés sont dans le même registre. Les professions intellectuelles sont bien représentées avec deux enseignants-chercheurs, une enseignante en collège, un doctorant, une collaboratrice parlementaire, une juriste. Mais il y a aussi un pâtissier-chocolatier, une cheffe cuisinière intérimaire, un directeur d’asso, deux éduc-spé, un libraire.
Un revenu médian modeste
Logique pour un « collectif de combat », qui veut « mettre fin à l’élitisme » et « briser le plafond de verre » en mettant en position éligible des gens issue des classes populaires. « Nous sommes fiers de compter sept ouvriers et employés », appuie Florian Kobryn. Et la tête de liste de préciser que le revenu médian des 16 premiers noms présentés se situe s’établit à 1 500 € – bien en dessous du revenu médian en France , à 2 190 € en 2024.
Dans le même esprit, Florian Kobryn insiste sur « l’ancrage » de ce haut de liste dans le territoire strasbourgeois, avec 13 représentés dont 9 comprenant des quartiers prioritaires de ville (QPV).
Cette partie « éligible même fusionnée » de la liste est, enfin, jeune. Plus jeune en tout cas que celles des concurrentes à gauche. « L’âge moyen des 16 premiers noms de Madame Trautmann est à 50 ans. Et il est d’au moins 47 chez Madame Barseghian », glisse Florian Kobryn. Pour la liste LFI on est à 40.
Des candidats engagés de longue date
Tandis que les arrivées se poursuivent pendant la conférence de presse – société civile et travail obligent – Halima Meneceur pointe que pour nombre des 16 noms mis en avant « le combat ne commence pas aujourd’hui ».
Céline Balasse, 52 ans, enseignante engagée au côté des enfants scolarisés mais à la rue, Sid Ahmed Cheaibi, 42 ans, directeur d’une asso sportive, mobilisé contre le racisme dans le football, Victor Demenge, 30 ans, enseignant chercheur actif dans un collectif de chercheurs contre la précarité : autant de figures, de patronymes, déjà croisés dans la presse locale, chambre d’écho naturelle de ces luttes.
Mais peu d’élu(e)s
Ces premiers noms comptent trois personnes ayant exercé un mandat. Un ex-adjoint strasbourgeois, Eric Schultz, en charge de l’état civil sous Ries 1. Somhack Limphakdy a été conseillère déléguée à Schiltigheim, dans l’équipe Kutner, de 2014 à 2018. Et Florian Kobryn, élu à la CEA, d’abord dans le groupe écolo avant de rejoindre LFI.
Comment éviter que cette liste jeune, peu rodée à l’exercice d’un mandat, ne soufre une fois aux manettes ? « Ce sont les membres de la France insoumise qui donneront le cadre politique », répond Florian Kobryn. De fait, 11 des 16 sont issus de LFI. À noter, des formations vont suivre pour permettre à tout le monde, notamment aux 5 « non encartés » de faire face le moment venu, complète Halima Meneceur.
D’ici là, pour gagner, il faudra (peut-être) fusionner. Mais attention, « la liste est cohérente et ordonnancée. On ne laissera personne choisir qui pourra figurer dans une liste fusionnée », prévient Florian Kobryn qui ne veut pas d’une disparition de la société civile à la faveur des négociations d’entre deux tours. À bon entendeur…