Invité de l’émission de Christian Malard sur i24NEWS, Alexandre Orlov, ancien ambassadeur de Russie, a livré une lecture approfondie des grands dossiers internationaux, de la guerre en Ukraine aux tensions au Moyen-Orient, en passant par les relations entre Moscou, Washington et Jérusalem.

Interrogé sur l’enlisement du conflit ukrainien, Alexandre Orlov a contesté l’idée d’une guerre débutée en 2022. Selon lui, les racines du conflit remontent à 2014, avec les événements du Maïdan et ce qu’il qualifie de « coup d’État » ayant porté au pouvoir des forces nationalistes à Kiev. Il affirme que les droits des populations russophones, qu’il estime à près de six millions de personnes, ont alors été bafoués, déclenchant l’embrasement du Donbass. À ses yeux, Vladimir Poutine n’a fait que « terminer le travail que Boris Eltsine n’avait pas accompli » après l’effondrement de l’URSS.

Video posterAlexandre Orlov : « La paix ne peut se construire qu’avec la Russie, pas contre elle »

L’ancien diplomate a insisté sur l’échec des accords de Minsk, jamais appliqués selon lui, et affirmé que la paix ne pourra être envisagée qu’à certaines conditions : neutralité de l’Ukraine, limitation de ses forces armées, respect des minorités et interdiction des mouvements néonazis. Il a cité l’exemple autrichien de 1955 comme modèle possible de règlement.

Sur la place de la Russie en Europe, Orlov s’est montré pessimiste quant au retour rapide d’une « maison commune européenne », chère à Jacques Chirac et Mikhaïl Gorbatchev. Il plaide toutefois pour la construction d’une nouvelle architecture de sécurité incluant Moscou, « avec la Russie et non contre elle ».

Abordant le Moyen-Orient, Alexandre Orlov a rejeté l’idée que l’Iran représente une menace régionale, qualifiant le régime des ayatollahs de « parenthèse historique » et estimant que seul le peuple iranien peut décider de son avenir. Il a également critiqué sévèrement la politique israélienne à Gaza, jugeant qu’elle porte en elle « les germes d’un nouveau cycle de violence ».

Enfin, évoquant les relations entre Vladimir Poutine et Donald Trump, il a estimé que le président russe pourrait jouer un rôle de médiateur international, même si l’imprévisibilité américaine complique la donne. Pour Orlov, une chose est certaine : « l’avenir ne peut être que la paix, car la guerre serait la fin pour tout le monde ».