Le groupe aéronaval français a appareillé de Toulon mardi 27 janvier pour un nouveau déploiement. Avec, pour commencer, l’exercice interarmées et interalliés Orion, qui débutera dans quelques jours en Atlantique et dans l’ouest de la France.
C’est par une météo exécrable que le Charles de Gaulle a quitté la base navale de Toulon mardi matin. À la tête du groupe aéronaval français, le porte-avions a mis le cap vers Gibraltar pour sortir de la Méditerranée et entrer en Atlantique, où il n’a pas évolué depuis 2020.
Le Charles de Gaulle quittant Toulon le 27 janvier.
Habituellement, les déploiements du Charles de Gaulle sont détaillés par le ministère des Armées, qui communique assez largement sur les grands objectifs de la mission et les régions que le groupe aéronaval va traverser. Mais pas cette fois, la communication étant particulièrement restreinte alors que le contexte géostratégique est particulièrement instable. Décision a donc été prise de ménager autant que possible des marges de manœuvre en en fonction de l’évolution de la situation internationale, très mouvante actuellement, des messages politiques à envoyer et anticiper d’éventuels évènements qui viendraient modifier le parcours initial, préparé de longue date.
Pour le moment, il n’est donc question que de la participation du groupe aéronaval (GAN) à Orion 26, le plus grand exercice interarmées et interalliés organisé par les forces françaises, qui va se dérouler de février à avril, d’abord en Atlantique et dans l’ouest de l’Hexagone. Au plan naval, pas moins de 25 grands bâtiments de combat de la Marine nationale et d’autres nations vont y participer dans les semaines qui viennent. En plus du Charles de Gaulle et de son escorte, un groupe amphibie sera également mobilisé afin de procéder à des opérations de débarquement sur les plages bretonnes. Deux porte-hélicoptères amphibies (PHA) français devraient y participer et quitter prochainement Toulon pour rejoindre à leur tour l’Atlantique.
Autour du Charles de Gaulle et de son groupe aérien embarqué, comprenant une grosse vingtaine de Rafale Marine, des avions de guet aérien Hawkeye et des hélicoptères, la composition du GAN, placé sous l’autorité du contre-amiral Thibault de Possesse, commandant de la force maritime de réaction rapide depuis le 25 août dernier, n’a pas été précisée. Il semble, sans que la confirmation ait été obtenue, que la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, la frégate multi-missions à capacités de défense aérienne renforcées (FREMM DA) Alsace et le bâtiment ravitailleur de forces (BRF) Jacques Chevallier soient de la partie. Généralement, un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) est aussi intégré au GAN. Celui-ci va de plus être renforcé avec des bâtiments alliés, dont très probablement la frégate italienne Andrea Doria, arrivée à Toulon vendredi dernier et qui devait repartir au moment où le groupe aéronaval quittait Toulon.
L’Andrea Doria à son arrivée à Toulon le 23 janvier.
L’Andrea Doria à son arrivée à Toulon le 23 janvier.
L’Andrea Doria à son arrivée à Toulon le 23 janvier.
Logiquement, après sa participation à Orion, le GAN devrait poursuive son déploiement vers l’Europe du Nord, surtout au moment où la France et l’OTAN cherchent à accroître leur présence militaire pour répondre aux pressions américaines. Mais il se peut également, en cas de crise au Moyen-Orient si les Américains en viennent à frapper l’Iran et que la situation dégénère, que l’armada française soit au besoin repositionnée dans des eaux plus chaudes. Elle pourrait en effet contribuer à protéger les approvisionnements stratégiques de l’Europe transitant par le golfe Arabo-persique, ainsi que les pays alliés et implantations militaires françaises dans la région.
D’où cette discrétion sur la suite du déploiement du Charles de Gaulle, l’absence de programme laissant à Paris toute latitude pour employer librement ce puissant outil diplomatique et militaire en fonction des évènements et de la réaction que l’exécutif souhaite y apporter.
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