Anne Le Strat est depuis le début de l’année directrice générale déléguée à « la mobilisation de la société » au sein de l’établissement public. (Capture d’écran France Eau Publique)
EN BREF • Le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative sur la nomination d’Anne Le Strat à l’Office français de la biodiversité (OFB).
• Cette dernière, ancienne responsable écologiste, est vivement contestée par des agriculteurs et des élus.
• La ministre Monique Barbut a expliqué vouloir s’assurer de la neutralité de ce recrutement.
Un nom qui ne passe pas. Le gouvernement a annoncé, ce mardi 27 janvier, l’ouverture d’une enquête administrative portant sur la nomination à l’Office français de la biodiversité (OFB) d’une ancienne responsable des Verts puis des Écologistes. Une femme depuis étrillée par une partie du monde agricole, mais aussi par la droite et l’extrême droite françaises.
Anne Le Strat, ancienne responsable écologiste et dirigeante d’Eau de Paris, est depuis le début de l’année directrice générale déléguée à « la mobilisation de la société » au sein de l’établissement public. Pour la Coordination rurale (CR), syndicat agricole situé très à droite sur le spectre politique, ce choix est « vécu par de nombreux agriculteurs comme une provocation inacceptable ».
« Comme toutes les autres nominations, elle a relevé d’une procédure administrative. Compte tenu de l’émotion suscitée par cette décision, je tiens à ce que nous soyons attentifs à ce que ce processus se soit déroulé dans la plus grande neutralité », a déclaré mardi à l’Assemblée la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, interrogée par la députée de la Droite républicaine Christelle Minard, agricultrice de profession.
Une enquête sur « les modalités de son recrutement »
« C’est pourquoi le Premier ministre a, dès hier soir, saisi l’Inspection générale de l’administration, le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux, et l’IGEDD (Inspection générale de l’environnement et du développement durable) pour enquêter sur les modalités de son recrutement », a-t-elle ajouté.
« Au-delà du processus de recrutement, les exigences de compétence et de neutralité s’imposeront à madame Le Strat comme à tous les agents de la fonction publique », a conclu la ministre.
Créé début 2020 avec la fusion de plusieurs établissements publics, l’Office français de la biodiversité (OFB) dispose de 1 700 inspecteurs sur le terrain qui participent à des missions de police administrative et judiciaire. Leurs missions : s’assurer du respect des arrêtés sécheresse, lutter contre les pollutions, protéger les espaces naturels, lutter contre le braconnage ou les trafics d’espèces protégées…
Au plus fort de la crise agricole en 2024, l’OFB est devenu la cible de certains syndicats d’agriculteurs, conduisant à la dégradation d’établissements, à des insultes et intimidations d’agents. L’Office français de la biodiversité ne tiendra d’ailleurs pas de stand au prochain Salon de l’Agriculture, comme c’est le cas depuis deux ans déjà.