C’est une arme que la Russie n’aurait jamais utilisée sur le front en Ukraine. Selon le dernier rapport des services de renseignement militaire ukrainiens (HUR), Moscou disposerait de 350 missiles balistiques de type Fath-360, livrés par l’Iran, que l’armée n’aurait jamais tiré.
D’après un porte-parole du renseignement militaire ukrainien auprès du média local Kyiv Independant, les autorités ukrainiennes n’ont jusqu’à présent pas observé de lancement confirmé de ces armes sur l’Ukraine. Seuls des tests, non confirmés, ont pu être effectués sur le territoire russe.
Facilement « manipulés »
Pourtant, ces missiles pourraient s’avérer précieux pour l’armée russe. Les Fath-360 sont des missiles balistiques tactiques à courte portée, conçus par l’industrie militaire iranienne. Avec 120 km de portée, et une ogive de 150 kg, ces armes seraient parfaitement adaptés aux combats rapprochés avec les lignes ukrainiennes.
Long de 4 m, ils pourraient occasionner de gros dégâts en raison de leur vitesse de guidage estimée à Mach 4, soit presque 5 000 km/h. « Leur temps de vol est incroyablement court, estime auprès de Reuters Fabian Hinz, chercheur à l’Institut international d’études stratégiques. Et ils ne nécessitent pas beaucoup de préparation au lancement. »
Estimés à moins de 1 million de dollars par unité, ils sont moins coûteux que certains missiles balistiques russes comme le Iskander. Les Fath-360 possèdent également l’avantage d’être conçus pour être « manipulés et utilisés par des personnes ayant relativement peu de formations », selon Ralph Savelsberg, professeur associé à l’Académie de défense des Pays-Bas.
Mais alors pourquoi la Russie doit-elle s’en priver sur le front ? D’après le porte-parole du HUR, Andrii Yusov, « d’éventuelles limitations d’ordre technique ou politique » pourraient empêcher son utilisation. Fabian Hinz, chercheur à l’Institut international d’études stratégiques basé à Londres, a évoqué l’idée que des livraisons « n’aient pas été entièrement achevées, car des retards dans le transfert des lanceurs ont été signalés ».
Pourtant, depuis l’automne 2024, l’Iran aurait transféré à son allié russe plus de 350 exemplaires de ce missile. Sans oublier son soutien pour la production de drones Shahed.