L’histoire
Matt (Pierre Niney) est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Dans une société en quête de sens où la réussite individuelle est devenue sacrée, il propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules autant qu’elle inquiète les autorités. Sous le feu des critiques, Matt va s’engager dans une fuite en avant qui le mènera aux frontières de la folie et peut-être de la gloire…
Notre avis
Dans ses premières minutes Gourou fait une belle impression. Celle d’assister à une réflexion pertinente sur le métier, ô combien en vogue de coach en développement, sur leur professionnalisme, leur reconnaissance « officielle » vis-à-vis de l’État et leur réel apport dans le quotidien de ceux qui font appel à leurs services. Le hic, est qu’à l’instar de son précédent long-métrage, Dalloway, avec Cécile de France, sur l’intelligence artificielle, Yann Gozlan oublie rapidement les nuances. Tout est facile, convenu, attendu, avec le fameux Mathieu/Matt qui tombe dans le mensonge et la manipulation pour redorer son image. En un clignement de cils, son attitude change brutalement… et il s’enfonce dans une spirale négative sans jamais se remettre en question.
Moins inspiré que dans Boîte noire voire Un homme idéal, où il dirigeait déjà Pierre Niney, le cinéaste insère en vain quelques revirements de situation peu crédibles, et s’appuie sur une réalisation nerveuse « à l’américaine »… la maîtrise en moins. De cette proposition, qui se prend beaucoup trop au premier degré, on retiendra néanmoins son univers encore assez inédit au cinéma, une scène méta avec Cyril Hanouna qui invite Matt dans son émission, un épatant Anthony Bajon en disciple tourmenté ou encore une tentative de dépeindre le monde 2.0 avec l’impact viral des réseaux sociaux.
Autant de petites pistes, éparpillées à droite à gauche, qui laissent le spectateur sur sa faim. Oui, car Gourou fait partie de ces films dont on enrage de saisir le potentiel sans le voir exploité à l’écran.