Libre depuis son limogeage express au Celtic Glasgow début janvier, Wilfried Nancy aurait été proposé à l’AS Saint-Étienne comme possible successeur d’Eirik Horneland, fragilisé par les résultats et déjà contesté en interne.
Le profil offensif et moderne du technicien français séduit une partie de la direction stéphanoise, mais son absence totale d’expérience en France et son récent échec en Europe nourrissent autant de doutes que d’espoirs dans le Forez.
Un champion MLS désormais sur le marché
À 48 ans, Wilfried Nancy sort d’un début d’aventure raté au Celtic, où il a été licencié après seulement quelques semaines et six défaites en huit rencontres, dans un contexte de pression maximale et d’attentes immédiates. Ce couac européen contraste avec sa trajectoire ascendante en Amérique du Nord, marquée par une MLS Cup remportée avec le Columbus Crew et une réputation d’entraîneur bâtisseur, adepte d’un jeu offensif et lisible. Bilingue français-anglais, passé par Montréal puis l’Ohio, il coche plusieurs cases pour un club comme l’ASSE qui appartient désormais à un propriétaire nord-américain et s’internationalise à grande vitesse dans sa structuration.
Selon plusieurs médias spécialisés, son nom est ainsi revenu avec insistance dans les derniers jours au moment où la direction des Verts s’interroge sur l’avenir d’Eirik Horneland, sous contrat jusqu’en 2027 mais en sursis sportif. Déjà étudié lors de la succession d’Olivier Dall’Oglio, le dossier Nancy aurait été « proposé » de nouveau aux décideurs stéphanois, dans un casting où figuraient aussi Luis Castro, João Sacramento, voire des profils comme Will Still ou Franck Haise évoqués dans le débat médiatique. Pour l’heure, aucune négociation avancée n’a filtré, mais la simple réactivation de cette piste montre une chose : à L’Étrat, la réflexion sur l’après-Horneland n’est plus taboue.
Un pari audacieux pour une mission montée
L’hypothèse Nancy divise toutefois en interne comme chez les observateurs : d’un côté, l’idée d’installer aux commandes un coach moderne, francophone, capable de faire le lien entre vestiaire, direction nord-américaine et projet de jeu ambitieux; de l’autre, la crainte de confier la mission montée à un technicien qui n’a jamais coaché en Ligue 2 et vient de se brûler en Europe. Plusieurs voix au club plaident plutôt pour un profil rompu aux spécificités du championnat, habitué aux terrains compliqués, aux enchaînements de matches et à la pression permanente du maintien ou de la montée. Dans ce contexte, Nancy apparaît autant comme une opportunité de marché que comme un pari conceptuel, susceptible de faire basculer la saison d’un côté comme de l’autre.
Car la situation d’Horneland reste paradoxale : maintenu « faute de mieux » après plusieurs refus essuyés par la direction, le Norvégien conserve officiellement la confiance de ses patrons, mais sait que la moindre contre-performance peut relancer brutalement le dossier de son successeur. Entre la tentation d’un coup de poker à la Wilfried Nancy et la prudence d’une continuité sous surveillance, l’ASSE avance sur un fil alors que la course à la montée ne pardonne rien. Dans les tribunes comme en coulisses, une certitude s’installe : le prochain choix sur le banc pèsera autant que n’importe quelle recrue du mercato sur l’avenir proche des Verts.