l’essentiel
En ciblant François Piquemal et Jean-Luc Mélenchon, lundi, Sébastien Vincini (PS) entérine, au moins pour le premier tour des municipales, le divorce avec les Insoumis. Objectif : que la liste PS prenne clairement le leadership à gauche.
Si les deux principaux candidats de la gauche aux municipales de Toulouse, François Briançon (PS) et François Piquemal (LFI), prennent soin de ne pas s’égratigner, les entourages sont libres de jouer les méchants et d’envoyer des scuds. Lors de ses vœux à la presse, lundi, le président socialiste du conseil départemental, Sébastien Vincini, a ainsi endossé le costume du sniper en ciblant François Piquemal (LFI) « qui a décidé de faire des municipales un marchepied de la présidentielle » de Jean-Luc Mélenchon.
Sébastien Vincini a même accusé le n° 1 des Insoumis de se « détourner de l’ambition universaliste » de la gauche. Et donc de sortir, comme d’autres l’ont dit avant lui, de l’arc républicain.
« Le grand remplacement » détourné
Le député Hadrien Clouet, présent au premier rang lors du meeting du leader de LFI à Toulouse, défend l’utilisation de l’expression « grand remplacement » par Jean-Luc Mélenchon. Cette expression, dont Eric Zemmour et Jordan Bardella ont salué l’usage par le chef des Insoumis, a en fait été détournée du sens raciste que lui a donné son auteur, Renaud Camus. « Le seul grand remplacement qui existe, c’est celui des générations », explique le député. Et il y a un an, Jean-Luc Mélenchon l’avait déjà utilisée à Toulouse avec son concept de Nouvelle France, c’est-à-dire d’une France « créolisée ».
Hadrien Clouet se dit surpris par l’attaque de Sébastien Vincini. À Toulouse, « notre objectif est de virer Jean-Luc Moudenc et pour cela nous tendrons la main » à la liste Briançon (PS). Mais à ses yeux, au premier tour, « le vote socialiste est la meilleure assurance vie de Jean-Luc Moudenc ».
Le candidat Insoumis François Piquemal ne veut pas surenchérir : cette passe d’armes « confirme que pour battre M. Moudenc, il faut voter Demain Toulouse car nous sommes les seuls à garantir l’union de la gauche. » François Briançon aussi n’en rajoute pas. Il partage « l’irritation » de Sébastien Vincini. Et renvoie au soir du premier tour la décision d’une éventuelle alliance de second tour.