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Rédaction Eu

Publié le

28 janv. 2026 à 7h26

L’affaire a défrayé la chronique et touché les sphères gouvernementales françaises puisque la ministre de la santé de l’époque figure parmi les 8000 pharmaciens qui ont été incriminés. Il leur est reproché d’avoir accepté des cadeaux de la part de l’une des filiales du groupe Urgo. 
Depuis, dans de nombreux tribunaux, des pharmaciens comparaissent et ce fut le cas ce 20 janvier 2025 pour un pharmacien qui au moment des faits, du 17 décembre 2018 au 9 juillet 2020, exerçait dans une officine de la région proche des Villes Sœurs.

Des cadeaux dans un catalogue

L’homme âgé de 46 ans reconnaît les faits et les explique : Les commerciaux de la filiale Urgo proposaient aux pharmaciens de renoncer à la remise commerciale comptable pour leur officine et d’accepter en contrepartie à titre personnel un système de points qui leur permettait de choisir des cadeaux dans un catalogue.

Le prévenu explique à la barre qu’il a commencé à travailler dans cette officine comme salarié et que quand il l’a rachetée, il n’a fait que perpétuer le système qui était déjà en place.

Ce système, favorable au pharmacien mais défavorable à la pharmacie a alerté les directions départementales de la protection des populations.

La société Laboratoires Urgo a été condamnée à une amende de 375 000 euros d’amende dont 250 000 euros avec sursis et vu 1,6 million d’euros saisis et confisqués.

À la barre des tribunaux, les pharmaciens avancent souvent les mêmes arguments : l’insistance des commerciaux et une forme de méconnaissance de certaines règles administratives et comptables.

Présent lors de ces audiences, le Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens insiste sur les mises en garde et alertes qu’il n’a cessé d’effectuer sur le sujet mais il tient en principal responsable le laboratoire qui a lancé ces pratiques. Il réclame tout de même à l’encontre du pharmacien 1 euro symbolique de dommages et intérêts pour le préjudice moral et d’image.

Pour la représentante du Parquet, seules les considérations de santé publique doivent guider l’activité des pharmaciens.

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Rappelant que la peine encourue pas le professionnel de santé est d’un an de prison et de 75 000 euros d’amende elle requiert dans le cadre de notre pharmacien et compte tenu du montant des cadeaux reçus une peine de 30 000 euros d’amende.

«  Une affaire qui ne lui ressemble pas  »

La défense du pharmacien souligne qu’il s’agit d’une affaire de masse et qu’il convient de rappeler que ces professionnels de santé effectuent, souvent dans des conditions difficiles de 50 à 70 heures de travail par semaine : «  Mon client s’est retrouvé pris dans une affaire qui ne lui ressemble pas. Il a le sentiment de s’être fait piéger. Quand il recevait un cadeau ce dernier était accompagné d’une facture qu’il transmettait à son comptable  ».

Et de rappeler que la ministre de l’époque, pharmacienne de son état et membre du conseil de l’ordre s’était elle-même fait épingler.

Le prévenu est finalement condamné à 15000 euros d’amende. Il devra verser un euro à l’ordre des pharmaciens mais sa peine ne sera pas inscrite au volet B2 de son casier judiciaire afin qu’il puisse continuer d’exercer sa profession.

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