Magali Le Cornu profite de l’absence de son mari pour recevoir à nouveau son amant Jean Letourneur, régisseur de films. Ce sont trois semaines de bonheur en perspective si la femme de Jean n’avait pas l’idée saugrenue de fuir un Paris plus pollué que jamais et de le rejoindre. Dans les Vosges, dans ce fameux hôtel dont il lui a déjà dit tellement de bien, elle souhaite « découvrir la faune locale ».
Comme l’amant, interprété par Bernard Meyer, n’est pas à un scénario près, le chalet de six pièces, dans lequel habite Magali, est transformé en un clin d’œil en hôtel. Michèle Mehn qui incarne de façon étonnante d’abord la séductrice puis la boniche, se trouve vite dégradée au rôle de réceptionniste, femme de ménage et cuisinière. Car non seulement Cécile Letourneur (Laurence Jacob) débarque mais ce faux hôtel attire également d’autres amoureux, randonneurs et même un candidat au suicide.
« À ce prix, on pourrait prendre la pension complète »
Un couple de « Dütschersuisses » d’Appenzell, en voyage de noces, « maintenant que les enfants sont grands », est particulièrement exquis : Heidi (Corinne Zeissloff) et Peter Müller (Jean-Pierre Mehn), des prénoms qui font allusion au célèbre récit d’une idylle d’alpage de Johanna Spyri, campent des personnages drôles, un peu demeurés – Heidi n’avait jamais quitté son foyer – et surtout près de leurs sous. « À ce prix, on pourrait prendre la pension complète », suggère Peter à sa femme.
Voilà ce qui met Magali encore plus dans l’embarras alors qu’elle a déjà dû servir sur-le-champ « e Glas crémant » à la femme de Jean et concocter un menu imaginé par son amant, avec des restes douteux de son frigo. Là, de simples tomates se transforment en « émotions du jardin » ou une boîte de sardines en « petits poissons façon Louis XVI ».
Mais surtout comment se tirer d’affaire quand le mari de Magali, officier d’un sous-marin nucléaire, revient de façon impromptue ? Heureusement pour Jean Letourneur, un scénario propice est vite trouvé.
Outre l’interprétation très enlevée et fluide par les acteurs, on peut louer la mise en scène par Philippe Ritter et les décors toujours épatants réalisés par Richard Panter et Thierry Lossel.
Cette adaptation de la comédie Pension complète de Pierre Chesnot, a déjà donné lieu à une soirée marquée par des salves de rires ininterrompus, dans une salle des fêtes archicomble à Pfulgriesheim lors de la première représentation vendredi 23 janvier. Un véritable feu d’artifice offert par D’Hybrides, un jeu plein d’entrain qui vous tient en haleine.
Hollywood uff’m Starnebarri de Michel Walch, à la salle des fêtes de Pfulgriesheim. Prochaines représentations les mercredis 28 janvier et 4 février à 20 h, les jeudis 29 janvier et 5 février et vendredis 30 janvier et 6 février, toujours à 20 h. Sinon, les samedis 31 janvier et 7 février à 16 et les dimanches 1er et 8 février à 14 h 30. Il reste quelques places.
Tarif : 12 €. Réservation par tél au 06 65 30 45 08 ou sur le site www.theatrehybrides.fr.