Dans l’imaginaire collectif, le diable de Tasmanie s’appelle Taz. Dans le monde réel, cette espèce endémique d’Australie est classée « en danger » sur la liste rouge de l’union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

C’est donc une nouvelle réconfortante qu’ont reçue les Parisiens, mardi. La Ménagerie du zoo du Jardin des Plantes (Ve) a annoncé dans un communiqué l’arrivée dans son enceinte de Bonnie, une femelle diable de Tasmanie.

En provenance de Belgique

Elle rejoint Mordo, un mâle de la même espèce arrivé ici en 2023, et forme ainsi le tout premier couple de diables de Tasmanie en France. « Cette arrivée marque une étape majeure dans l’engagement de la Ménagerie en faveur de la préservation des espèces menacées », se réjouit le zoo.

L’objectif est simple pour cette structure spécialisée dans l’accueil d’animaux en voie de disparition : contribuer à la reproduction de l’espèce. Les vétérinaires de la Ménagerie espèrent donc voir ces deux individus « se reproduire afin de voir naître les premiers diables parisiens ».

La femelle Bonnie, bientôt âgée de 5 ans, est née le 4 mai 2020 au sein d’un sanctuaire de conservation unique en Tasmanie, le Devils Cradle, dédié principalement à la sauvegarde du diable de Tasmanie.

« Grâce à une collaboration étroite avec les autorités australiennes et le réseau européen des parcs zoologiques, cette femelle a rejoint Paris dans des conditions optimales de transport et d’acclimatation depuis le zoo de Planckendael en Belgique », indique la Ménagerie dans son communiqué.

Son nouveau conjoint, Mordo, âgé de 3 ans, est quant à lui né le 23 mars à Trowunna Wildlife Park. Jusqu’ici, La Ménagerie accueillait deux mâles. Le deuxième a donc laissé sa place à Bonnie et rejoint un zoo belge.

80 % de la population décimée

À l’état sauvage, la population du plus grand marsupial carnivore décline rapidement depuis 1996. Cette espèce pouvant peser jusqu’à 14 kg se retrouve décimée par une tumeur de la face transmissible par morsure qui a déjà éliminé près de 80 % des individus. « Aucun traitement n’est disponible et l’espèce est aujourd’hui classée en danger d’extinction », alerte le zoo.

Face à ce terrible constat, une population de « réserve » a été créée en 2004, à partir de diables en bonne santé dans des zoos d’Australie et de Tasmanie. « Cela permet d’envoyer des diables ambassadeurs en Amérique du Nord et en Europe pour faire connaître l’animal, les mesures de sauvegarde mises en œuvre, et contribuer à leur financement », précise l’établissement.

Zones d’herbe, branches, structures sur lesquelles grimper, point d’eau et abri : les diables de Tasmanie se sont « très bien adaptés » à leur nouvel environnement d’après le Jardin des Plantes. « Quotidiennement, les soigneurs dissimulent des proies mortes afin de stimuler leur instinct de chasseur et d’assouvir leur appétit car ces petits diables mangent beaucoup ! Environ l’équivalent du tiers de leur poids chaque jour en viande », décrit la Ménagerie.

Le zoo du Jardin des Plantes fait partie des deux seuls zoos de France à accueillir cette espèce tandis qu’on compte seulement 33 individus dans toute l’Europe et 740 dans les parcs zoologiques et centres de reproduction du monde entier.