Plusieurs épisodes frauduleux ont émaillé les dernières élections à Marseille. Les précédentes municipales avaient été notamment marquées par un scandale de fausses procurations dans des Ehpad.
Le député RN des Bouches-du-Rhône et candidat aux municipales à Marseille, Franck Allisio, a lancé ce mercredi matin sur TF1 un appel au ministère de l’Intérieur et au préfet craignant des fraudes lors du scrutin de mars prochain. «Je ne veux pas que l’on vole cette élection aux Marseillais», explique-t-il chez nos confrères, estimant que l’élection s’annonce très serrée.
Franck Allisio rappelle notamment que les dernières élections municipales à Marseille ont été marquées par le scandale des fausses procurations. En septembre 2024, 13 prévenus avaient été jugés par le tribunal correctionnel de Marseille, pour «manœuvre frauduleuse tendant à l’exercice irrégulier d’un vote par procuration», «faux et usage de faux dans un document administratif» ou complicité, trois ans après les révélations de France 2 et Marianne , en juin 2020, peu avant le second tour des élections municipales de l’époque. Il leur était reproché, à différents degrés, d’avoir mis en place un système de procurations sans suivre le cheminement légal, mais aussi d’en avoir fabriqué des fausses. Au total, les enquêteurs avaient dénombré 194 procurations hors des clous.
Malades d’Alzheimer
Ces 194 procurations avaient été validées par un commandant de police, Roland Chervet, de sa propre initiative et alors qu’il était en congé. Une cinquantaine était aux noms de pensionnaires d’Ehpad, nonagénaires pour la plupart, tous ou presque atteints de la maladie d’Alzheimer. Le commandant de police a été condamné en janvier 2025 à trois ans de prison, dont un an ferme à effectuer sous bracelet électronique à domicile, et cinq ans d’inéligibilité. L’ex-maire LR du 4e secteur (6e et 8e arrondissements) Yves Moraine a été condamné pour sa part à six mois avec sursis et un an inéligibilité.
Au premier tour des élections municipales de 2020, plusieurs hommes munis d’armes de type airsofts s’étaient également introduits dans un bureau de vote de la cité Félix-Pyat à Marseille et avaient tiré afin de tenter de subtiliser l’urne, en vain. En 2017, lors du premier tour des élections présidentielles, le président d’un bureau de vote dans les quartiers nord de Marseille était rentré chez lui avec l’urne pleine des bulletins du jour.