L’argument absurde de Ciotti (ici en octobre 2025) pour relativiser l’action de Trump et les morts à Minneapolis

TELMO PINTO / NurPhoto via AFP

L’argument absurde de Ciotti (ici en octobre 2025) pour relativiser l’action de Trump et les morts à Minneapolis

Opération diversion. Invité à réagir ce mercredi 28 janvier aux affres de la police de l’immigration aux États-Unis, et à la mort d’Alex Pretti, abattu par plusieurs de ses membres à Minneapolis, Éric Ciotti a évoqué « des faits regrettables ». Avant de citer quelques secondes plus tard la situation en Iran, pour mieux relativiser celle outre-Atlantique.

« Je vois l’émotion que ces morts ont suscité, et c’est légitime. Mais j’aimerais qu’on se préoccupe davantage des 30 000 morts en Iran. Je vois la presse parler uniquement de ces faits extrêmement regrettables bien sûr, mais on parle de 30.000 morts en Iran », a-t-il ainsi lancé sur BFMTV, saluant au passage « la politique de lutte contre l’immigration » du président américain.

« Donald Trump est dans le rôle du mandat que les électeurs lui ont donné. Après, les méthodes lui appartiennent, je déplore les morts, mais je m’étonne du prisme médiatique qui regarde plus ces regrettables actes que je condamne, plutôt que les 30 000 morts en Iran qui devraient soulever une émotion internationale », a encore insisté le président du parti UDR (allié au RN), incapable de décorréler les deux situations, bien qu’elles n’aient rien à voir.

Ces figures d’extrême droite à la peine

Au-delà de la question de la couverture médiatique (la presse française, comme l’ensemble des partis se sont fait l’écho de la répression sanglante en Iran), Éric Ciotti illustre ici malgré lui la gêne éprouvée par une partie de l’extrême droite au moment de condamner sans ambages ou relativisme la politique de Donald Trump, président dont ils ont longtemps vanté les mérites.

Avant le député des Bouches-du-Rhône, Marion Maréchal Le Pen saluait ainsi la stratégie du locataire de la Maison Blanche sur France Inter, en parlant des deux américains tués par ICE à Minneapolis (Renée Good et Alex Pretti) comme « des accidents malheureux » dus à « des militants d’extrême gauche qui s’interposent dans l’action policière ». Une explication, sans remise en question des méthodes de cette police controversée, qui reprend la propagande de Donald Trump, et défie la réalité documentée par la presse américaine.

Dans le même esprit, le président de Reconquête Éric Zemmour n’a pas souhaité « se prononcer » dimanche dernier, sur ces événements, résumant le tout à une simple « bataille politique » et insistant sur la « présomption de la légitime défense sur les policiers. » Depuis que les faits se sont décantés, l’ancien candidat à la présidentielle n’est pas revenu sur ses propos.