En 2022, Lisa, 11 mois succombait après quatre heures de souffrances dans sa crèche de Lyon malgré les efforts acharnés des pompiers et médecins, les voies respiratoires et l’appareil digestif brûlés au dernier degré. Une employée de la crèche avait été condamnée en première instance à vingt-cinq ans de prison pour avoir tué l’enfant en lui faisant boire du déboucheur de type Destop pour « la faire arrêter de pleurer ». Cette dernière est rejugée en appel ce mercredi à Bourg-en-Bresse (Ain).
Myriam Jaouen est arrivée, tête basse, dans le box vitré des accusés. Les parents de la petite Lisa et leurs proches lui font face, à quelques mètres, pour cette première de trois journées de procès devant la cour d’assises de l’Ain. En première instance, en avril 2025 à Lyon, l’avocat général avait requis trente ans de prison, la peine maximale. Il avait fait appel du jugement, conformément au souhait des jeunes parents, parce que les jurés de la cour d’assises du Rhône avaient écarté la qualification de meurtre pour ne retenir que la torture et l’acte de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Les jurés avaient abandonné la qualification de meurtre
De ce nouveau procès, les parents « attendent que justice soit rendue au calvaire de leur enfant. Leur souhait est que la cour prenne vraiment, en appel, la mesure de l’acte commis », a expliqué leur avocate, Catherine Bourgade. Myriam Jaouen, alors âgée de 27 ans, titulaire d’un CAP petite enfance, mais d’une « immaturité » attestée plus tard par les psychiatres, était seule ce jour-là pour accueillir les premiers pensionnaires de la micro-crèche Danton Rêve du groupe People & Baby.
Elle avait finalement reconnu avoir fait boire à Lisa une partie d’une bouteille de ce produit éminemment corrosif « pour qu’elle s’arrête de pleurer ». Mais elle n’avait avoué qu’après une série de mensonges, de l’ingestion de gouache par accident à la présence de seaux de désinfectant vers lesquels Lisa aurait rampé. Elle a cependant toujours plaidé ne pas avoir eu conscience de la dangerosité de la soude caustique.
Les jurés avaient retenu en première instance cette explication en abandonnant la qualification de meurtre, infligeant 25 années d’emprisonnement à la jeune femme, un « monstre » pour les parents de Lisa.