Un groupe aéronaval, formé autour du porte-avions USS Abraham Lincoln, est déjà arrivé dans le golfe Persique, mais le président américain renforce encore la pression sur la République islamique.
Donald Trump continue de mettre la pression à l’Iran. «Il y a une autre belle armada qui flotte magnifiquement vers l’Iran en ce moment. […] J’espère qu’ils parviendront à un accord. Ils auraient dû en conclure un la première fois qu’ils en avaient l’occasion», a-t-il lancé mardi 27 janvier lors d’un rassemblement à Clive, dans l’Iowa. «En juin, nous avons anéanti la capacité nucléaire de l’Iran lors de l’opération Midnight Hammer», a-t-il ajouté. Le président américain n’a pas donné de détails sur la composition de cette flotte. Impossible d’en trouver la trace dans les différents outils de renseignement en source ouverte (ROSO ou OSINT en anglais)
Cependant, un premier groupe aéronaval, formé autour du porte-avions USS Abraham Lincoln, est bien arrivé dans le golfe Persique. Celui-ci a appareillé de San Diego, son port d’attache, en novembre. Sa destination finale n’avait pas – et n’a toujours pas – été annoncée par le secrétariat à la Guerre. Il a croisé au large de la mer de Chine méridionale durant l’hiver, se livrant à des exercices de tir réel ou de ravitaillement en mer.
À bord, il a embarqué le Carrier Air Wing 9 – une escadre aérienne de la marine américaine – composée de chasseurs F/A-18E Super Hornet, d’avions de surveillance Hawkeye, d’avion de guerre électronique EA-18G Growler et de F-35C. Il possède également des hélicoptères MH‑60R/S Seahawks. Par ailleurs, comme tout groupe aéronaval, il est accompagné de plusieurs bâtiments. Au moins trois destroyers – USS Spruance (DDG-111), USS Michael Murphy (DDG-112) et USS Frank E. Petersen Jr. (DDG-121) voguent à ses côtés, pouvant fournir une couverture, mais aussi une capacité de frappes via les missiles Tomahawk emportés à bord.
Menaces de Trump contre l’Iran : ce que l’on sait de l’«armada» américaine en route pour le golfe Persique
Plusieurs villes d’Iran sont secouées par des manifestations depuis le 28 décembre, culminant le 8 janvier dernier avec des slogans ouvertement hostiles au pouvoir en place, qui les a férocement réprimées. Certaines sources évoquent désormais le chiffre de 30.000 morts. Washington lui avait conseillé la modération sans quoi il s’exposait à des représailles. Finalement, le président américain avait annoncé que les «tueries» avaient pris fin à la mi-janvier. Plusieurs États, alliés des États-Unis, comme l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis ont publiquement annoncé ne pas vouloir participer à des frappes contre le régime des Mollahs, craignant une déstabilisation de la région. Pourtant, mardi, les États-Unis ont annoncé vouloir conduire un exercice aérien de plusieurs jours au Moyen-Orient.
«Cette fois, nous traiterons toute attaque – limitée, illimitée, chirurgicale, cinétique, peu importe comment ils l’appellent – comme une guerre totale contre nous, et nous répondrons de la manière la plus dure possible pour régler cela», a fait savoir un haut responsable iranien à Reuters. «Nous espérons que ce déploiement militaire n’est pas destiné à une confrontation réelle mais nos forces armées sont prêtes au pire», a-t-il ajouté.